LIBERATION, UN VILLAGE A LA CAMPAGNE

LIBERATION, UN VILLAGE A LA CAMPAGNE

6 juin 2022 0 Par Nice City Mag

Aussi loin qu’on remonte dans le temps, à tout le moins depuis vingt siècles, Nice a vécu dans un territoire compris entre mer, Château et Paillon.
Avec une petite incursion sur Cemenelum, limitée dans le temps.    

Ailleurs, c’était la campagne.

Soit agricole avec quelques fermes, et leurs productions maraîchères, parce que les terres y étaient abondamment irriguées, l’ensoleillement favorable.
Soit résidentielle, où l’on venait s’oxygéner en été.
Le Comte de Falicon se rendant au Ray, le Comte de Cessole à Saint-Barthélémy.

Ainsi, la campagne, les collines ont toujours fait partie de la vie de Nice, de son histoire.
Pourtant là aussi, comme ailleurs, la ville allait mettre à mal la nature. La cité montait vers Nice Nord, chaque année un peu plus.


Tous ces hameaux de campagne résistaient. La cité continuait de monter.
Et chaque année, les cultures reculaient, la campagne battait en retraite.
De grands axes de circulation s’ouvraient.
L’espace libre se réduisait, comme peau de chagrin.
On arracha les oliviers, pour y planter des œillets. Des fleurs à ciel ouvert, puis sous serres. Puis, plus de fleurs du tout.
Le long de tous ces axes, immeubles et villas s’installèrent. Les cascatelles disparurent, les tapis de mousse aussi.
Les grandes propriétés étaient démembrées, vendues en lots.

Quartiers bourgeois et populaire à la fois, Malausséna et Borriglione constituent l’axe central qui relie le centre au nord de la ville.
De facture récente, du début du XXème siècle.
Avec en son centre le marché de la Libération, plaque tournante et véritable agora de ces quartiers.
La rencontre entre la campagne et ses petits producteurs, et la ville et ses consommateurs.
Lieu de commerce, certes, mais au-delà, lieu d’animation, de convivialité depuis 1922 et ce chaque jour.
Ce lieu est devenu l’âme de ce village de la Libération, même si son empreinte est récente.

1870, la Villa Thiole.
Celle qui, à partir de 1924, va abriter l’Ecole Municipale d’Arts Plastiques créée en 1823.
Mais qui, à la fin du XIXème siècle se trouvait en pleine campagne.

A cet endroit qui deviendra la place de la Libération, et qui pour une raison totalement inconnue s’appelait la place Béatrix.
En deux décennies, tout va changer.
La campagne devient village, et le village… banlieue de Nice.
Avec ses nouveaux immeubles et ses commerces.
Avec la statue de Gambetta.

Gambetta, dont les funérailles eurent lieu à Nice, en janvier 1883, fut inhumé au cimetière du château, auprès des siens qui y reposaient déjà.
C’est à l’une des personnalités politiques les plus importantes de la Troisième République, qui joua un rôle clé dans la pérennité du régime républicain en France après la chute du Second Empire.
La ville de Nice et le Président de la République Armand Fallières voulurent lui rendre hommage, en inaugurant sa statue en 1909, au centre de la place Béatrix.
Qui deviendra place Gambetta, en 1913.
La statue fut démantelée par les Allemands en 1943, pour récupérer le bronze.
Et la place rebaptisée place de la Libération, en souvenir et en hommage aux résistants morts le 28 août 1944, jour de la libération de Nice.
Depuis, la place a changé de nom.
Elle est devenue la place Charles de Gaulle, avec la statue du Général, inaugurée le 18 juin 2011. 
Mais tous les Niçois continuent de l’appeler la Libé, comme d’ailleurs le quartier alentour.

En aval de la Libé, la gare du Sud et l’avenue Malausséna.
Dans cette avenue, qui portait le nom de Saint-Barthélémy avant de devenir française, les traces de l’histoire sont certes récentes, mais d’importance. Fortement attachées aux chemins de fer, qui a transformé le quartier.

Mais aussi à des familles de commerçants, les Vérola et leurs caves de vin, les Pastor et leurs fruits de mer, les Lions, maîtres-tailleurs.
Tous participent encore de son développement.

Depuis… l’avenue s’appelle Malausséna.

A suivre…