LA PLACE GARIBALDI

Il est 10 heures 30 du matin, en ce 2 septembre 1860.
Toutes les cloches de la Ville tintinnabulent.
Napoléon III, accompagné de l’impératrice Eugénie, s’avance vers le Maire François Malausséna qui va lui remettre les clefs de la Ville.
Puis, ce sont les discours, devant tout Nice présent sur la place Napoléon, aujourd’hui place Garibaldi.

Car elle a souvent changé de nom, cette place chère à l’histoire et au cœur des Niçois.
Cette place qui symbolise la Nice que l’on aime. Parce qu’elle allie laïcité et religion, réconcilie Dieu et la République.

Lorsque le Port a commencé à voir le jour, la Maison de Savoie a décidé la construction d’une place centrale à l’italienne, qui faisait défaut à l’époque.
Près de cette chapelle, édifiée en 1205, souvent détruite et rebâti, qui deviendra l’Eglise Saint-Martin.
On dit que Catherine Ségurane appartenait à cette paroisse et que c’est de là que partit la troupe qu’elle conduisit à la victoire en 1543.
La bugadière Ségurane qui incarne cet esprit d’indépendance niçois, par son opposition à la barbarie qui veut asservir.
Elle est devenue notre symbole.
Peuple libre, libéré, qui choisit seul son propre destin.
Pas étonnant qu’une rue adjacente porte son nom.

Avec la place, on construisit la chapelle Saint-Sépulcre, confiée aux Pénitents Bleus, hospitaliers de l’Archiconfrérie qui porte son nom.
Rectangulaire de plus d’un hectare, elle fut encadrée de ces magnifiques immeubles à arcades, aux façades « olio di noce ».
Un arc de triomphe accueillait la route Royale qui reliait Nice à Turin, la capitale du royaume. Et plus que tout, elle préfigurait la trame du développement urbain des quartiers est de la ville.
Achevée en 1788, elle fut baptisée par le roi Victor Amédée III… « Piazza Vittoria ».
Mais dès leur entrée à Nice, le 29 septembre 1792, les révolutionnaires français lui donnèrent le nom de « Place de la République ».
Qu’elle perdit, pour devenir « Place Napoléon » avec Bonaparte, « Place d’Armes » de nouveau avec la Maison de Savoie et, en 1836, « Place Saint-Augustin ».
Jusqu’en 1860, où elle redevient « Place Napoléon »

C’est la place préférée des Niçois. Ceux de la rive gauche du Paillon.
Ceux du Vieux Nice et des quartiers de l’Est. Bref, ceux de la tradition nissarde.

Haut lieu des débats politiques, c’est là que Joseph Garibaldi est élu député de Nice, en 1871.
Garibaldi… ce résistant visionnaire de la première heure, indépendantiste en chemise rouge, qui rêvait Nice en capitale de l’Europe méditerranéenne.
Qui après avoir pris parti contre le rattachement, s’y était rallié. Il aimait la République, détestait la Monarchie et ses contrefaçons.
In fine, la France, plutôt que l’Italie. Et rejetait toute politique politicienne.
Ce qui l’amena à démissionner de son mandat de député.
Pour finir, solitaire, à l’île de la Caprera, entre Corse et Sardaigne. Mais rester présent à Nice, au centre de la place qui porte son nom, depuis 1891.
Dans notre cœur, depuis toujours, pour toujours.

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