CAUCADE

CAUCADE

26 avril 2022 0 Par Nice City Mag

Pour tout un chacun, Caucade c’est d’abord un cimetière. La nécropole niçoise.
C’est oublier que ce fut d’abord une de ces campagnes chargées de fruits et de fleurs qui entourait la cité.
C’est oublier plus simplement que Caucade c’est aussi un quartier.

Les Anglais sont à l’origine du bien de choses dans l’Histoire et l’évolution de la ville de Nice. Nombreux étaient venus goûter chez nous les bienfaits du soleil afin de guérir leurs poumons malades.
Pour certains ce long voyage fut le dernier.
A ces morts il fallait une terre accueillante.

N’oublions pas que nous sommes en pays catholique, au XVIIIᵉ siècle dans le royaume de Piémont-Sardaigne, où on ne plaisante pas avec les questions religieuses.
Les nécropoles appartenaient aux églises ou aux couvents, elles étaient lieu sacré, interdit aux non catholiques, schismatiques, excommuniés, suicidés, criminels, comédiens…
Oui, mais voilà, les Anglais mouraient.
De religion protestante, on commença par les ensevelir là où ils décidaient sans aucun égard.



UN CIMETIERE A LA CROIX DE MARBRE
Il fallait trouver un autre lieu.
On dénicha à côté des villas occupées par la colonie dans le quartier de la Croix de Marbre un coin de terre suffisamment éloigné de la vieille cité et de ses églises catholiques.
L’affaire faite, il fallut attendre l’autorisation de Turin et du roi Victor-Emmanuel.
Ce fut chose faite le 21 janvier 1821.

LES ANGLAIS A CAUCADE
Le rattachement de Nice augmenta considérablement la présence de la colonie anglaise.
Le cimetière de la rue de France s’avéra insuffisant.
À la même époque, la ville manquait, elle aussi, de place, le cimetière du Château ne convenait plus aux besoins de la population.
Des 1861, les membres de l’Eglise réformée demandèrent que leur soit réservé un enclos dans l’immense nécropole que la municipalité prévoyait dans le quartier de Caucade.
N’oublions pas que Caucade, c’était des champs de fleurs à l’infini, l’un des derniers fiefs de cette paysannerie niçoise qui devait voir désormais chaque année son territoire se rétrécir.

L’Eglise anglicane acquis en 1864 un terrain situé au nord de celui réservé à la municipalité.
Ce nouveau cimetière d’une superficie de 6285 m² reçut l’autorisation préfectorale.
Voici donc les Anglais inaugurant, si l’on peut dire, la plus grande nécropole niçoise.



LA BATTERIE RUSSE
Les habitants d’une ville ou d’un quartier ont souvent le génie des simplifications…
Aussi appela-t-on les fortifications que les autorités militaires firent construire juste au-dessus du paisible cimetière russe :
La « batterie russe ».
Et c’est ainsi que les Russes, assez curieusement, vinrent sur ce coin de terre niçoise braquer des canons sur la Baie des Anges !

En fait, il s’agissait de notre armée qui renforçait sa ligne de défense de la frontière alpine depuis le mont Chauve en passant par Sospel, l’Authion, Colomars, Rimplas …
En ce qui concerne la batterie de Caucade, elle fut construite entre 1889 et 1891 : il s’agissait de surveiller la mer.

La batterie russe de Caucade s’endormit au milieu des fleurs et des oliviers.
Aujourd’hui elle s’est transformée en jardin peuplé de cris d’enfants.

(À suivre)

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…