LA REINE VICTORIA

LA REINE VICTORIA

18 janvier 2022 0 Par Nice City Mag

Victoria (née Alexandrina Victoria le 24 mai 1819 au palais de Kensington, à Londres et morte le 22 janvier 1901 à Osborne House sur l’île de Wight) fut reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du 20 juin 1837 jusqu’à sa mort.

À partir du 1er juillet 1867, elle fut également reine du Canada, ainsi qu’impératrice des Indes à compter du 1er mai 1876, puis enfin reine d’Australie le 1er janvier 1901.Victoria était la fille du prince Édouard-Auguste, duc de Kent et de Strathearn, le quatrième fils du roi George III.
Le duc et le roi moururent en 1820 et Victoria fut élevée par sa mère d’origine allemande, la princesse Victoire de Saxe-Cobourg-Saalfeld.
Elle monta sur le trône à l’âge de 18 ans après la mort sans héritiers légitimes des trois frères aînés de son père.
Le Royaume-Uni était déjà une monarchie constitutionnelle dans laquelle le souverain avait relativement peu de pouvoir politique. En privé, Victoria essaya d’influencer les politiques gouvernementales et les nominations ministérielles.
En public, elle devint une icône nationale et fut assimilée aux normes strictes de la morale de l’époque.

LA REINE VICTORIA A NICE
La reine Victoria d’Angleterre (et sa suite) va multiplier les séjours sur la Côte d’Azur.
Après Menton, Cannes et Grasse, Nice devient sa destination favorite.
Cinq années de suite, de 1895 à 1899, la reine Victoria profita du soleil du printemps à Nice (*) .

Printemps 1895. La reine alors âgée de 75 ans, quitte le ciel gris de l’Angleterre pour le soleil de la Côte d’Azur.
La souveraine britannique a déjà séjourné à Menton en 1882, Grasse en 1891 et Hyères en 1892.
Mais cette année-là, c’est à Nice qu’elle pose ses bagages le 15 mars, pour plusieurs semaines.
Elle s’installe, jusqu’au 30 avril suivant, au Grand Hôtel de Cimiez. Cet établissement de luxe, doté de tout le confort moderne, a ouvert ses portes quinze ans plus tôt.

Mais ce séjour d’un mois et demi lui déplaît fortement…

On va alors lui construire un hôtel moderne, confortable et parfaitement adapté à ses exigences.
Deux ans plus tard, la bâtisse est prête : une prouesse quand on pense aux quelques 150 mètres de façade !
Le 12 mars 1897, la reine Victoria pénètre dans l’aile de l’hôtel qui lui est entièrement réservée.
Elle est conquise !

«Elle avait beau voyager sous le nom de lady Balmoral, son incognito ne trompait personne.
La reine se déplaçait avec une suite impressionnante qui comprenait des dames d’honneur, le général Ponsonby, trésorier et secrétaire particulièr secondé par plusieurs officiers, des femmes de chambre, un chef de cuisine français avec ses marmitons, un cocher, un piqueur, douze valets d’écurie, une troupe de serviteurs indiens coiffés d’un turban et vêtus de cachemire aux couleurs éclatantes et un valet de pied écossais qui jouait de la cornemuse !»
, raconte l’historienne Evelyne Lever dans son « Dictionnaire amoureux des Reines » (Editions Plon).

Elle ajoute que Victoria apportait son propre linge, sa vaisselle et même certains de ses meubles.
«Il lui fallait son lit en acajou, son secrétaire en bois de rose, son miroir de Venise et mille autres objets personnels. Aussi avait-elle besoin de louer la totalité de l’hôtel», signale-t-elle.

La monarque apprécie ses vacances printanières niçoises, au point qu’elle revient quatre années de suite.
En 1897, elle peut investir l’aile ouest de l’Excelsior Regina Palace fraîchement construit.

A Cimiez, les journées de Victoria se déroulent selon un rituel immuable. «Vers onze heures, coiffée d’un large chapeau de jardin, appuyée sur le bras d’un de ses fidèles hindous, elle descendait jusqu’au perron où l’attendait sa petite voiture attelée d’un âne gris appelé Jacquot qui jouissait d’un statut particulier dans les écuries de Buckingham Palace: il appartenait à la reine et à elle seule. Elle ne voyageait pas sans lui», rappelle Evelyne Lever.
L’animal la promenait à travers les jardins. «Docile à ses caprices, il s’arrêtait, attendait et repartait sans jamais manifester le moindre signe d’impatience», précise l’historienne.

Laquelle décrit ainsi le reste du programme royal quotidien: déjeuner copieux, sieste, excursion en landau dans les environs de Nice jusqu’à la nuit tombée, buffet froid et soirée musicale.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…
(*) De Paris Match | Publié le 05/08/2017