L’ARIANE

L’ARIANE

21 décembre 2021 0 Par Nice City Mag

Cité, zone franche, quartier difficile ...

L’Ariane qui fut un joyau de la campagne niçoise telle qu’on peut la découvrir dans les tableaux du peintre Trachel, a changé ces dernières années …
Pourtant l’âme du quartier subsiste toujours…

L’Ariane, située à l’extrémité de la ville existait déjà dès le plus lointain moyen âge, on la trouve nommée dans les chartes de la cathédrale de Nice et de l’abbaye de Saint-Pons dès 1002 !

Elle porte alors le nom de Arisana ou Arisano, dont l’origine est probablement d’après le glossaire d’André Compan, « La Raiana » (la ravine) ou encore « La Riana » (le ruisseau).

L’Ariane, c’est d’abord la voie Julia Augusta où, pour se rendre d’Italie en Espagne, les Romains devaient obligatoirement passer. Cette « route » descendait de la Turbie par le vallon de Laghet, traversait le Paillon, longeait la rive droite, dépassait l’Ariane et montait jusqu’à Cimiez.



L’Ariane fait donc partie du Nice ancestral. Le lieu-dit de l’Ariane était beaucoup plus étendu que de nos jours, s’appliquant à la vallée du Paillon, on n’y trouvait les lieux-dits de la Lauvette, l’Abadie, Escaillons, le hameau du Serre …

Se trouvait là le grenier à blé de Nice mais aussi de l’orge, du seigle, du millet, de l’avoine et bien sûr de la vigne.

Et, l’olivier, l’arbre de la civilisation méditerranéenne.
Côté élevage, la chèvre, le mouton, la brebis, broutaient l’herbe sur les pentes non cultivées du Paillon.

Dans le fond des vallons humides se trouvaient les légumes et les fruits, les haricots avaient bonne renommée ainsi que les prunes et les agrumes.

Le cœur du quartier s’est développé autour de l’église Saint-Pierre. La présence du Seigneur, les Arianencs (les habitants de l’Ariane) en ont bien besoin lors des crues du Paillon.

Dès le XIXème siècle, le paysage change abandonnant peu à peu son aspect purement agricole pour se transformer en zone artisanale.

A l’origine : l’endiguement du Paillon.

En 1854, les travaux du fameux endiguement du Paillon qui ne deviendra réalité qu’en 1864, dans la foulée de l’immense chantier de modernisation de la cité, entrepris par Napoléon III.

Fleurissent alors les moulins à huile, pas moins de onze, actionnées par la force motrice de l’eau, des moulins à blé, des laveries, des tanneries.

A cette production viennent s’ajouter les « Grandes huileries de la Saci », les fabricants de pâtes « Fiorina », la chocolaterie « Florian », la scierie « Massiota » … Ces établissements industriels, plusieurs dizaines au début du siècle, utilisent une main d’œuvre importante. La population ouvrière a remplacé la paysannerie.

Après la fin de la première guerre mondiale, l’industrialisation de la vallée du Paillon connaît un moment de stagnation. La ville se tourne en direction de l’ouest.
L’environnement du Paillon fleuve roi décline.L’Ariane est suspendue, moitié campagne, moitié industrie.
C’est l’Ariane des années 50 !
Et puis, tout change…

Au début des années 60, la physionomie rurale du Paillon disparaît sous les assauts de l’urbanisation moderne.
Premier touchés, les quartiers riverains du fleuve situés à l’intérieur des limites de la ville : Saint-Roch, Bon-Voyage, Pasteur, suivront les quartiers plus excentrés comme l’Ariane.