GIOFFREDO – HOTEL DES POSTES

Les rues Gioffredo, Hôtel des Postes sont nées avec la Nice nouvelle, celle d’après le rattachement, la Nice des hôtels, des grands immeubles festonnés, des commerçants de luxe.

Depuis, entre l’église du Vœu et le lycée Masséna, la cité possède là son quartier intellectuel, artistique et bourgeois.
Bien sûr, là comme ailleurs, des bouleversements ont eu lieu.
De grands immeubles ont disparu, l’Hôtel des Etrangers a été démoli…



Au moment où Nice devint française en 1860, l’extension de la cité sur la rive droite du Paillon avait déjà commencé.
Des hôtels s’ouvraient le long du fleuve sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste près du Pont-Neuf.

C’est alors qu’un immense chantier est ouvert, on perce des rues, on démolit les vieilles bâtisses. La campagne devient une ville nouvelle.
La rue Chauvin est ouverte là où n’existait qu’un chemin, à qui on avait donné le nom de l’un de ces hôteliers implantés dans le nouveau quartier. Le « Grand hôtel Chauvin », 105 chambres avec vue sur le Paillon et au-delà sur la bourgade.

LA COUVERTURE DU PAILLON  

Un dénommé Poncet eut l’idée de couvrir le Paillon.
En 1867, il proposa de jeter sur le fleuve, entre les rues Alberti et Gubernatis, une voûte d’une longueur de 160 mètres au-dessus de laquelle serait aménagé un jardin.
Le projet est accepté et le square baptisé Masséna.
Pour la première fois la jonction directe est établie entre la ville ancienne et la ville nouvelle.
Peu d’années auparavant, en 1863, étaient achevés les travaux de la rue Gioffredo baptisée dans un premier temps Masséna.

PIERRE GIOFFREDO
Pierre Gioffredo est l’un des premiers à avoir écrit sur le passé de Nice.
Il était lève des Jésuites, né à Nice en 1629, ordonné prêtre en 1653.
Il a tout juste vingt-neuf ans quand il écrit la première de ses œuvres importantes « Nicaea civitas ».

Le livre lui ouvre les portes de la cour de Turin où il est nommé précepteur et aumônier du prince Victor Amédée, le futur Victor Amédée II.
Toutes ces activités ne l’empêchent pas de s’atteler à l’œuvre majeure de sa vie, l’ « Histoire des Alpes Maritimes ».
Depuis l’Antiquité jusqu’à la moitié du XVIIème siècle, l’ouvrage est d’importance, un volume de 2 122 pages.

Durant sa rédaction, Gioffredo allait lui-même jouer un rôle historique.
L’Histoire allait le rattraper à Nice où il s’était retiré comme abbé de l’Abbaye de Saint-Pons.
Nous sommes en 1691, les armées de Louis XIV assiègent le Château.
Après des jours de canonnade intense, l’assemblée des chefs de familles se réunit à Sainte-Réparate et désigne l’abbé pour mener la députation chargée de négocier la capitulation.
L’historien mourut le 11 novembre 1692, dans le silence et l’oubli. L’ “Histoire des Alpes-Maritimes ” ne fut publiée qu’en 1839.

BARTHELEMY ET GAETAN TONDUTI
Ce nouveau quartier qui prend son essor au moment où Nice devient française se plaît à rendre hommage aux hommes illustres du Comté.
Ainsi des Tonduti. Cette ancienne famille qui possédait de nombreux titres dont celui de comte de l’Escarène, a été le théâtre des déchirures entre la Savoie et la France.
Déchirures fratricides entre Barthélémy et Gaëtan.
Le premier servit dans les armées sardes en lutte contre les armées de la Révolution.
Puis à Nice où il devint fonctionnaire du préfet napoléonien Dubouchage.
Barthélémy vint proposer ses services à Turin au roi Charles Albert.
En récompense, il reçut le poste de ministre de l’Intérieur.
Gaëtan fut officier d’infanterie de l’armée Sarde et n’en bougea pas. Il termina sa carrière avec le grade de major général et fut nommé, plus tard, secrétaire de la guerre et de la marine du royaume de Piémont.

FRANCOIS ALBERTI
François Alberti, issu d’une famille arrivée dans le Comté au milieu du XIVème siècle, était un ecclésiastique libéral, épris des « Lumières ».
Après un voyage en Europe il s’intéressa d’une manière philosophique à l’éducation et entrepris une critique de « l’Emile » de Rousseau, lui opposant un système d’éducation novateur tout en demeurant chrétien.Quand les Français investirent Nice, Alberti se réfugia à Lucques.
Il ne revit jamais sa ville natale et mourut en 1801.

LES GUBERNATIS
Autre famille illustre du Comté, les Gubernatis, présente encore aujourd’hui.
Les Gubernatis offrent une belle lignée d’hommes d’arme et d’église comme il allait de soi à l’époque.
Gérôme-Marcel né à Nice en 1633, était lui diplomate en poste à Madrid et Lisbonne. Il fut également le premier Niçois Grand Chancelier de la Maison de Savoie.
L’un des descendants Ange-Joseph, né en 1840, fut un spécialiste renommé en histoire des littératures universelles.

HONORE PASTORELLI
Honoré Pastorelli, podestat de Nice en 1593, puis premier consul de 1604 à 1611 : l’Histoire retint son nom.
Le premier plan précis de la cité réalisé en 1610, cette cartographie fameuse porte son nom.
Ami du comte de Beuil, Annibal de Grimaldi, dont il avait imprudemment célébré « valeur et vaillance », il se retrouva compromis lorsqu’Annibal complota contre la Maison de Savoie. Arrêté en avril 1617, il fut enfermé dans une forteresse turinoise où il devait rendre son âme à Dieu.

FRANCOIS ALBERTI
François Alberti, issu d’une famille arrivée dans le Comté au milieu du XIVème siècle, était un ecclésiastique libéral, épris des « Lumières ».
Après un voyage en Europe il s’intéressa d’une manière philosophique à l’éducation et entrepris une critique de « l’Emile » de Rousseau, lui opposant un système d’éducation novateur tout en demeurant chrétien.Quand les Français investirent Nice, Alberti se réfugia à Lucques.
Il ne revit jamais sa ville natale et mourut en 1801.

L’HOTEL DES POSTES

La rue Hôtel des Postes avec les rues Gioffredo et Pastorelli participa à la fin du XIXème siècle à faire le cœur commercial et intellectuel de la ville nouvelle.
Son nom est lié à la grande poste qui fut construite en 1888.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…

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