SAINT-PIERRE DE FERIC

SAINT-PIERRE DE FERIC

11 janvier 2022 0 Par Nice City Mag

Le village, à l’origine, s’appelait « San Peire dei Ferigoula », autrement dit le Saint-Pierre du thym.

La particularité historique de ce village devenu quartier, c’est qu’il n’a pas d’histoire.
Sinon celle des autres collines : Bellet, Saint-Pancrace, Fabron.
Au début quelque maisons entourées de terres sauvages où longtemps les gens de la ville montaient chasser.

On amenait paître les troupeaux qui venaient de quitter les hauts pâturages des montagnes de Saint-Martin Vésubie à Tende.

LA ROUTE DU SEL

La grande aventure du comté au moyen âge fut celle de la route du sel.
Le sel était une matière première, un or blanc.
Il venait des salines de Toulon et d’Hyères et arrivait sur nos côtes en tartanes.

D’Antibes jusqu’au Piémont, il fallait transporter le précieux produit. Tâche confiée aux « Gabelliers » et à leurs mules.



A Saint-Pierre de Féric, en venant d’Antibes, se trouvait la première étape avant d’attaquer les difficultés sérieuses.
On se restaurait et on priait.
La route empruntait la vallée de la Vésubie, passait par Levens, Cros d’Utele, Lantosque, Roquebillière, Saint-Martin Vésubie et le col des Fenestre.
De l’autre côté c’était le Piémont.

DE L’EAU … DE L’EAU

Durant des siècles, Saint-Pierre de Féric, comme de nombreux villages des collines, manqua d’eau.
Le seul arbre qui poussait sans problème était l’olivier, l’arbre des terres sèches.
Pour en extraire la matière première, l’huile, il fallait des moulins.
Pour activer les meules on utilisait des mules.

Mais tout devait changer avec le canal de la Vésubie.

Nous sommes en 1870, juste après la chute de l’Empire. Le maire de Nice, Auguste Raynaud signe un accord avec la Compagnie Générale des Eaux pour le creusement d’un canal amenant l’eau de la Vésubie jusqu’à l’agglomération niçoise.

L’eau sera saisie à Saint-Jean la Rivière et après un parcours de 33 kilomètres arrivera à Nice.

Un chantier gigantesque réalisé dans des conditions périlleuses. En 1883, l’eau de la Vésubie arrive à Nice avec un débit constant de 4 kilomètres heure.
A partir de cette date, le visage des collines changea, l’eau miraculeuse amenait avec elle le progrès.

DES FLEURS PAR MILLIERS

Progrès qui se manifeste dans la culture florale. L’eau est là qui fait pousser les œillets et les roses.

Les serres font leur apparition dans le paysage.

L’horticulture devient une industrie locale et l’œillet niçois le symbole de la Côte d’Azur dans le monde entier.

Quand Alphonse Karr, chassé de France après le coup d’Etat du 2 Décembre 1851, pour opinions républicaines, s’installa à Nice, il fut surpris de découvrir que dans cette région aimée des dieux, si la fleur poussait selon les lois de la nature, personne n’avait eu l’idée de la domestiquer et encore moins d’en faire le commerce.

Alphonse Karr jardinier amateur, se lança dans cette vaste entreprise et obtint des résultats.

LE THYM DES COLLINES

Nous sommes bien loin de la route du sel.
Le hameau, Saint-Pierre de Féric est devenu village puis quartier sans rien perdre de son caractère.

Les grandes heures de Saint-Pierre de Féric, comme de l’ensemble des collines proches de Nice, furent celles de l’entre-deux guerres.
On ne gagnait pas d’argent mais on vivait bien.
Pas de confort mais un art de vivre.
Les gens de la ville montaient à Saint-Pierre de Féric, mangeaient le pan bagnat sous la tonnelle au son de l’accordéon.
De nouvelles voies desservaient le quartier comme cette corniche des Oliviers inaugurée par le maire Jean Médecin.