L’HOTEL DE VILLE DE NICE

L’HOTEL DE VILLE DE NICE

10 août 2021 0 Par Nice City Mag

Depuis les origines de la commune de Nice, au XIIème siècle et sans que l’on ait retrouvé les statuts originaux, la ville de Nice s’administre par un système ou l’élection et le tirage au sort se complètent.

La population est divisée en quatre classes : les paysans et les pêcheurs, les artisans, les bourgeois et les nobles.

Chaque classe élit des représentants en nombre égal dans les différents conseils : 10 pour chacune au conseil des Quarante (qui correspond au conseil municipal d’aujourd’hui) ; 2 pour chacune au conseil des Huit (qui serait en somme l’équivalent des adjoints) et surtout, un représentant de chaque classe pour occuper un des quatre sièges de consul, les quatre consuls formant l’équivalent d’un exécutif collégial et correspondant au maire d’aujourd’hui.

Pour éviter les dérives des campagnes électorales, les candidats à chaque fonction sont d’abord élus en nombre supérieur au nombre de sièges disponibles. Ensuite, on tire au sort, placée sous l’invocation du Saint-Esprit, est très ritualisée : c’est un enfant qui procède à l’opération sous la surveillance de sculpteur sourcilleux.
Ce système fonctionna de 1144 au moins jusqu’à 1775.

En 1775, un édit du roi Victor-Amédée III fusionna les deux classes des nobles et des bourgeois en une seule. Il n’y eut donc plus que trois consuls.

En 1848, le roi Charles-Albert mit en place un modèle très proche du modèle français : il n’y a désormais plus qu’un conseil, le conseil communal, qui est élu et un seul exécutif, le syndic, qui est nommé par le roi, comme le maire en France à la même époque l’est par le ministre de l’Intérieur.

C’est pourquoi, en 1860, le dernier syndic sarde, François Malausséna, put assez aisément devenir le premier maire français.

Ainsi donc, dès le XIIème siècle, Nice bénéficie d’une large autonomie administrative.
La ville est dirigée par quatre consuls dont l’existence est connue dès 1144.
La maison commune au XVème siècle se trouve dans la partie supérieure de la ville basse, au « Puy des Carmes » (vers l’actuelle école du Château) ou s’élèvent aussi la Tour communale.
A partir de 1516-1517, le duc de Savoie Charles III commença à faire transformer la colline du Château en une solide forteresse.
Nombre d’institutions qui y étaient alors établies durent la quitter pour s’installer dans la ville basse.
Il en fut ainsi de l’évêque et de sa cathédrale.

Un nouveau palais est édifié alors au cœur de la ville en plein développement, place Saint-François, entre le couvent des Franciscains et la rue Pairolière.
Les travaux durent de 1574 à 1581, années qui voit la première réunion du conseil en ses nouveaux locaux.

endant l’époque révolutionnaire, la commission municipale s’y installe.
En 1808, le conseil municipal s’installe place Saint-François ou il siègera jusqu’en 1868, le palais devenant en 1893 la Bourse du travail.

Cependant, dès 1866, le maire François Malausséna envisage d’installer un nouvel Hôtel de ville dans des locaux plus vastes : le choix se porte sur les bâtiments de l’ancien hôpital Saint-Roch.

L’édifice a été élevé entre 1730 et 1750 pour y installer le nouveau séminaire.
En 1791, le séminaire est réquisitionné par l’armée du roi de Sardaigne qui y installe des renforts de troupes. En 1793, les troupes républicaines occupant Nice le transforment en prison.

En 1815, les bâtiments reçoivent provisoirement l’hôpital Saint-Roch.
Après l’ouverture du nouvel hôpital Saint-Roch, l’actuel, en 1858, les locaux retrouvent de nouveau la gendarmerie impériale jusqu’à leur remise en 1866 à la Ville de Nice. D’importants travaux de restructuration sont alors entrepris et le nouvel Hôtel de Ville est prêt pour recevoir l’administration municipale qui s’y installe définitivement en 1868.

Du point de vue stylistique, le bâtiment ne présente pas de caractères particuliers, sinon ceux communs aux grandes maisons bourgeoises, marquées par la froideur néo-classique, qui s’égrènent autour de lui au long de la rue Saint-François-de-Paul.

Ce n’est que soixante-dix ans plus tard qu’il va recevoir une décoration originale et homogène.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard…