UN MASQUE TRAGIQUE A PARIS

UN MASQUE TRAGIQUE A PARIS

22 février 2022 Non Par Nice City Mag

La vie est dure à Paris, en 1832.
Pourtant, au moment de la mi-Carême, bals et fêtes se succèdent dans les rues de la capitale.
Comme si les Parisiens voulaient conjurer par la danse les violences de 1830.
Comme s’ils voulaient oublier la terrible rumeur qui se répand dans la ville …

Paris s’est transformée en spectacle à ciel ouvert.
On danse dans les rues, sur des tréteaux, dans les boulevards. Les bonimenteurs, les cracheurs de feu et les jongleurs rivalisent d’habileté pour capter l’attention des passants.

Néanmoins, ce sont les bals publics qui attirent le plus les foules. Même les gens du monde, anonymes sous leur masque, aiment à venir s’encanailler quelques heures dans ces divertissements populaires. Non loin des estrades, des buvettes se montent quelques heures et proposent glaces et boissons.

Car l’atmosphère est étouffante, et les noctambules profitent d’une courte pause de l’orchestre pour se désaltérer.
Soudain, parmi les couples, un arlequin, désirant se rafraichir sans doute, retire son masque.
Les rires éclatent.
En effet, sous le loup, une horrible grimace barre un visage bleu presque violet.

Puis, c’est la consternation.
Un silence de mort éteint d’un seul coup la joie de la fête. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie.
Au contraire, le pauvre homme montre tous les signes du choléra. La panique s’empare de la foule qui tente de regagner les portes dans une bousculade effroyable.

Des voitures sont aussitôt réquisitionnées pour conduire les noceurs à l’Hôtel-Dieu.

Bientôt, les couloirs de l’hôpital sont remplis de pierrots, de marquises … qui tous agonisent sous leurs costumes flamboyants.
Mais pour la majorité d’entre eux, il est déjà trop tard.

Et on dit que pour éviter la contagion, certains morts sont enterrés rapidement dans leurs atours bariolés …

** Extraits – D’après « la folie carnaval » de Sarah Belabes – Timée-Editions –