THIERS, UNE GARE PORTE OUVERTE SUR NICE

Nous sommes le 21 octobre 1864, 17 heures.
Il pleut des cordes.
Le Tzar et la Tzarine débarquent en gare de Nice pour un séjour d’une dizaine de jours, au cours duquel il rencontra secrètement Napoléon III.

Quelques jours plus tôt…
     Mais revenons plus en arrière.

En 1850, les compagnies de chemin de fer étaient privées.
Et la Compagnie de la Méditerranée ne desservait que jusqu’aux Arcs.
L’Estérel était un obstacle pour Nice.


Mais pour Napoléon III, il y aurait aussi le rattachement de Nice à la France… par le chemin de fer !

On lança les travaux. Des Arcs à Nice.
A partir de 1860, en deux, trois, quatre ans, tout était fait !

Enfin, presque. Car il fallait choisir l’emplacement de la future gare. A Riquier ? Place Masséna, dans l’axe de l’avenue du Prince Impérial, l’actuelle avenue Jean Médecin?
Malgré les nombreuses critiques, le maire Malausséna et son Conseil Municipal l’emportèrent.
Ce serait tout en haut de l’avenue, sur des terrains totalement nus.
A la campagne.
Nos élus furent visionnaires, et François Malausséna était de ceux-là. Lui aussi né à Levens,
il joua la carte de Napoléon III, dès 1860.
Premier maire de Nice devenue française, il lui donne une nouvelle vie, commence à la préparer à son entrée dans le XXème siècle. Il amena le chemin de fer, traça de nouveaux quartiers, bref urbanisa la ville.

Quelques jours plus tôt, le 26 septembre 1864, c’est l’inauguration.
Le premier train entre en gare de Nice.
Nice, désormais à vint-quatre heures de Paris, reliée à toutes les capitales européennes.
Nice, la destination de toutes les têtes couronnées.
Le Tzar bien sûr, nous l’avons vu, mais aussi la Reine Victoria, Napoléon III et l’impératrice Eugénie, les Rois Léopold II de Belgique et Oscar de Suède, plus tard les Présidents de la République Française.

Et toute la Jet Set  française et étrangère.
Tous accueillis dans un édifice de trois cents mètres de long, avec son bâtiment central et ses pavillons, son hall d’accueil, son restaurant et ses salons luxueux. Et puis tous ces fiacres et voitures alignés dans le plus bel ordre, venant chercher la clientèle des hôtels, ceux de la Prom’, du centre ou de Cimiez.

La gare ne fut achevée qu’en 1La gare ne fut achevée qu’en 1867. Elle traversa des décennies sans beaucoup de modifications.
Même si soldats et blessés succédèrent aux aristocrates et riches bourgeois, les trains de nuit aux trains de jour, les moteurs électriques aux machines à vapeur et la Société Nationale des Chemins de Fer, SNCF à la Compagnie des chemins de fer du Paris-Lyon-Méditerranée, PLM.
Et que les 100 000 voyageurs de 1864 devinrent plus de trois millions, cent ans plus tard.

     Autour de cette façade de briques et de pierres, un nouveau quartier surgit des marécages avec l’avenue Thiers et tous ses hôtels…

A suivre…

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