SAINT-PONS

SAINT-PONS

14 décembre 2021 0 Par Nice City Mag

UNE ABBAYE PRESTIGIEUSE, DIX SIECLES DE PUISSANCE SPIRITUELLE ET TEMPORELLE

Cette abbaye a été fondée près du lieu du martyre de Saint-Pons (Pontius ou Ponce).

Saint-Pons, officier, fils de sénateur romain, né à Rome au début du IIIème siècle, se convertit au christianisme, dut s’enfuir, et vint évangéliser la région de Cimiez, dont on l’a dit évêque.
Dénoncé au gouvernement romain, condamné à mort sous l’empereur Valérien, il subit en 258 un martyre.
Il eut miraculeusement la vie sauve par trois fois : la roue qui devait l’écarteler se brisa, les ours de Dalmatie auxquels il fut livré en pâture le laissèrent en paix, le feu préparé pour son bûcher dévasta l’amphithéâtre…
Il fut finalement décapité en haut d’un rocher dominant le Paillon dans lequel sa tête roula et se mit à flotter, atteignit la mer, pour finalement échouer à Marseille, où « des moines de l’abbaye de Saint-Victor le recueillirent ».

Peu après le martyre de Saint-Pons, l’épouse de l’empereur Gallien, l’impératrice Cornélia Salonina (morte vers 268), venue à Cimiez, obtenu du gouverneur l’arrêt des persécutions contre les chrétiens.
Après cela, le culte du Saint (fête le 8 mars) s’est développé et une petite chapelle a été bâtie par les fidèles sur le bord de la falaise, où l’on se rendait en pèlerinage.

Selon abbé Pierre Gioffredo, c’est un « neveu » de Charlemagne, Syagrius qui aurait établi entre 775 et 788 un monastère bénédictin pour lequel il aurait reçu des libéralités fort importantes du futur empereur et qui, serait venu sur place par deux fois en 777 et 800.
Syagrius, fondateur de l’abbaye, aurait été le premier abbé et, par la suite, évêque de Nice.
L’abbaye de Saint-Pons prospéra si bien qu’elle exerça une influence prépondérante sur toute la contrée pendant plusieurs siècles.

Détruite par les Maures en 890, elle fut réédifiée en 999.

De la fin du XIème siècle jusqu’en 1739, l’abbaye dépendit d’un supérieur, d’abord l’évêque de Nice puis à partir de 1366, la célèbre abbaye de Saint-Victor de Marseille, formant ainsi malgré la « dédition » de Nice à la Savoie en 1388, un lien continu avec la Provence.

L’abbaye de Saint-Pons fut supprimée en 1792 non par la Révolution, mais par le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III (1726-1773-1796).
L’abbaye fut transformée en caserne et hébergea un régiment piémontais. Les Français, quelques mois plus tard, en feront un hôpital pour les blessés de l’armée d’Italie.



Après le Concordat de 1802, l’évêque MGR Colonna d’Istria récupère les bâtiments de l’état de ruine mais aucune restauration n’est envisagée.
Les travaux seront entrepris grâce à des crédits offerts par le roi Charles-Albert et menés à bien pour y installer en 1835 les Pères Oblats de Marie de Pignerol, ville dont l’évêque, frère de lait du roi, est originaire.
En 1860, l’Etat français devient propriétaire des bâtiments.
En 1909 la cession peut avoir lieu et permet à la Ville de construire tout autour de l’hôpital Pasteur.
L’église elle-même a été rendue au culte en 1914 pour servir de paroisse au quartier et à l’hôpital.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…