SAINT MAURICE

Le passé est toujours présent du côté de Saint Maurice.
Aujourd’hui, Saint Maurice est un quartier neuf.
Avant, c’était la campagne.

Saint Maurice était le maître des semailles précoces d’où le dicton niçois :
« Semenat per la Sant-Maurici, lou blad a degun vici », « Semé pour la Saint-Maurice, le blé n’aura pas de tare ».

Le nombre important de sources dans ces quartiers nord a favorisé l’installation de populations ainsi que la présence de chemins reliant Nice aux différents villages et hameaux.


Il faut imaginer la ville il y a une centaine d’années.

Le long des champs, des chemins conduisaient dans les villages, Saint Silvestre, Saint Maurice, plus loin encore, Gairaut.
Pour aller à Saint Maurice à l’aube du XXème siècle, il fallait suivre l’avenue de Gairaut (aujourd’hui boulevard Borriglione).
Pour se rendre à la ville, on devait atteler les chevaux, braver la poussière et la caillasse.

Une propriété à proximité du village appartenait au comte de Pierlas.
Un immense territoire vallonné, où la nature explosait somptueusement.

Lors d’une de ces longues promenades, le comte Joseph Pineton de Chambrun, en compagnie de son épouse, née Godart, propriétaire de la cristallerie de Baccarat, découvrit cette vaste propriété quasiment à l’abandon.
C’est le coup de foudre. L’achat est décidé. Nous sommes en 1876.

Après avoir fait construire leur demeure de style « manoir anglais », les Chambrun s’attelèrent à l’aménagement du Parc : un magnifique ensemble dès 1827.

Le bourg Saint Maurice sort alors de l’ombre à tel point que l’avenue de Gairaut devient l’avenue Saint Maurice.
Les Chambrun reçoivent beaucoup, les gens du monde, des arts, de la politique.

Romantique, le comte se veut romantique et amoureux de l’antique.
C’est ainsi qu’un rêve fou germe dans son esprit : c’est l’édification d’un temple au cœur du parc.

Le rêve se concrétisa avec, comme maître d’œuvre, l’architecte niçois Philippe Randon.

Une fois achevé, le temple de Vesta, également dénommé de la Sybille, possédait un diamètre de 13,30 m et une hauteur de 17,85 m.
Le temple avait coûté au comte 50 000 louis d’or. Ce qui, même pour l’époque, était beaucoup.
Ce fut une belle soirée que celle de l’inauguration le 28 mars 1890.
Ce soir-là, devant un parterre exceptionnel, où se mêlaient l’aristocratie, la grande bourgeoisie et le monde des arts, le maître Gervasio dirigea l’orchestre et le chœur du Théâtre municipal. Le comte de Chambrun disparu en 1899.
Dès lors les grilles de la propriété demeurèrent fermées, c’en était fini des bals fastueux, des concerts de musique de chambre.

A la fin de la première guerre arrivèrent les sociétés immobilières.
La loi de l’immobilier, le parc Chambrun y a échappé de peu.
Il a failli disparaître.
Il est toujours là avec son temple, ses grands arbres, ses aventures paisibles. Mais, tout a changé…

Nice prospérait, le plus souvent au détriment de ces superbes demeures et de leur jardin. Commença le démantèlement de la propriété de Chambrun.
Dans sa partie sud-ouest, on construisit une patinoire puis un vélodrome, enfin les lotisseurs mirent la main sur l’ensemble.

En partie seulement. En 1927, la municipalité d’Alexandre Mari mettait fin, un peu tard, au massacre en rachetant un lot de terrains, situé entre le temple et l’ancienne villa.
Une surface suffisante pour y aménager un jardin public, dès lors on vit des mamans promener leurs enfants au pied du temple, devenu de Diane.

Les amoureux venaient également y protéger leur enlacement et graver leurs noms sur les colonnes du temple qui, par la force des choses, devint temple de l’amour.

Le quartier a changé de visage, de campagnard il est devenu urbain, l’avenue Saint Maurice s’appelle désormais boulevard Borriglione.
Quant à la place Saint Maurice, elle a été rebaptisée Alexandre Médecin, du nom de cet avocat niçois, adjoint du maire François Malausséna, qui le 2 décembre 1890, se présentait à l’état civil tout heureux d’y faire inscrire son quatrième fils : François, Xavier, Stanislas, Horace, Jean, Antoine, Marie, René, Pierre, Anthiome.
Dix prénoms pour celui dont l’histoire n’a retenu qu’un seul, Jean Médecin, maire de Nice pendant trente-six ans !

Entre 1955 et 1960. Le cinéma était alors à l’apogée et, donnant sur la place Alexandre-Médecin, « Le Plaza » ouvrit en 1948 avec une contenance de 550 places.
Il ferma en 1964 au profit d’une cité marchande.

LE STADE DE SAINT-MAURICE

Bien que nommé officiellement « stade Léo-Lagrange »
en hommage à Léo Lagrange (1900-1940), sous-secrétaire d’État aux sports du Front populaire, l’ancien stade a été désigné par les Niçois d’abord sous le nom de « stade Saint-Maurice », puis dans les années 1970 sous celui de « stade du Ray ».
Inauguré le 30 janvier 1927, le stade alors en bois comptait 3 500 places.
Outre le football, d’autres sports y étaient pratiqués, notamment les concours hippiques.
En 1948, les tribunes furent reconstruites.
L’édifice atteignit 23 000 places au début des années 1950.

Le 1er septembre 2013, l’OGC Nice y joua son dernier match contre Montpellier

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…
(à suivre)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :