RENÉ CASSIN, UN DÉFENSEUR PASSIONNE DE LA DIGNITÉ HUMAINE

RENÉ CASSIN, UN DÉFENSEUR PASSIONNE DE LA DIGNITÉ HUMAINE

14 décembre 2021 0 Par Nice City Mag

AUTEUR-ACTEUR DE THÉÂTRE, CHANSONNIER, POÈTE ET JOURNALISTE NIÇOIS

Né par hasard à Bayonne en 1887 mais appartenant à une ancienne famille israélite installée à Nice depuis le premier Empire, René Cassin fit de brillante études au petit Lycée, dépendance de l’actuel lycée Masséna, poursuivies à la faculté de droit d’Aix-en-Provence.
Chargé de cours à la faculté, il crée à Aix les premières associations de victimes de la guerre. Il est agrégé en 1918 et il préside l’Union fédérale des associations de mutilés et d’anciens combattants. Il n’oublie pas les orphelins de guerre et à partir de 1919 on le désignera sous le titre de « père des pupilles de la nation ». Professeur de droit à Lille, il dispense aussi son enseignement à l’Académie de droit international de La Haye et à l’Institut des hautes études internationales de Genève. En 1924, Aristide Briand (1862-1932) le désigne pour faire partie de la délégation française à la Société des Nations où il se préoccupe du sort des minorités.

Immédiatement après l’appel du 18 Juin 1940, il est le premier civil à rejoindre à Londres le général de Gaulle qui lui confie la rédaction du statut de la France libre.
Ce document aboutit aux accords Churchill – de Gaulle le 7 août.
Il continuera à être le conseiller juridique du général à Londres et ensuite à Alger.
Ministre de l’Education de 1941 à 1945, commissaire national à la Justice et à l’Instruction publique du gouvernement de Londres de 1941 à 1943, ministre de la Justice et de l’Education dans le gouvernement d’Alger, délégué de la France de 1942 à 1945.
René Cassin fonde les bases de l’U.N.E.S.C.O où il sera jusqu’en 1958 l’actif délégué de la France.
Vice-président du Conseil d’Etat de 1944 à 1958, il devint à partir de 1960 membre du Conseil Constitutionnel.
Il sera pendant vingt ans président de la Cours européenne des droits de l’homme, à partir de 1965.

Juriste de haute qualité, c’est grâce à lui que les droits de l’homme pourront être reconnus par l’humanité car c’est surtout en qualité de promoteur de la déclaration universelle de ces droits que René Cassin donnera le meilleur de lui-même.

C’est le 10 décembre 1948 que l’assemblée générale de l’O.N.U, réunie à Paris, adoptera le Déclaration universelle des Droits de l’homme qu’il a mise au point pour l’essentiel de ses trente articles, précédés d’un préambule.

Ne pouvant reproduire la totalité de la déclaration, nous rappelons simplement l’article premier très significatif :
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Vingt ans après, le 10 décembre 1968, René Cassin reçoit le prix Nobel de la paix, il est le neuvième français à être distingué par le jury de Stockholm.
Son prix Nobel, René Cassin l’a consacré à la fondation à Strasbourg, d’un Institut international des droits de l’homme.
Il considéra toujours : « qu’une idée humaine ne vaut pas une vie humaine ».
Pour Nice qui l’a honoré à juste titre par un boulevard et ce monument, il avait gardé une particulière affection, car il était resté très « méditerranéen ».
Il disait que c’est dans cette ville accueillante aux nationalités les plus diverses, qu’il avait eu concrètement l’expérience de ces relations internationales auxquelles il consacra toute sa vie.
Il croyait sincèrement à la « vocation humaniste de Nice ».
Il développa ce thème en s’appuyant sur trois idées maîtresses :
« -Nice, cité d’accueil, de refuge et d’échanges humains croissants ;
   – Nice, foyer de connaissance et de l’art de vivre ;
   – Nice, haut lieu de rencontres et de réflexions sur la destinée de l’homme et des structures  du monde moderne ou futur 
».



Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…