PORTRAIT en XV – CHRISTINE GANNEVAL

Chaque semaine, nous vous présentons une personnalité qui est très attachée à Nice et sa région.
Ces personnalités issues de différentes catégories socio-culturelles, nous présenterons, au-delà de leurs activités, leur angle de vision de Nice.
En 15 questions, toujours les mêmes, Ils se prêtent au jeu du “Portrait en XV”


Cette semaine, nous découvrons Christine Ganneval qui est psychanalyste

Elle reçoit à son cabinet des adultes et des couples en difficultés sentimentales.
Forte de son expérience, elle coécrit en juillet 2017 un premier roman avec l’un de ses confrères : L’amour ? C’est ce qui arrive quand on a prévu autre chose.
Encouragée par l’accueil positif de ce premier livre et inspirée par les problématiques actuelles rencontrées par ses patients, et notamment celles posées par l’influence croissante de l’Internet et des réseaux sociaux, elle décide d’écrire un second roman : Comment je t’ai rencontré.

1)  Christine, où êtes-vous née ?
Je suis née et j’ai grandi à Paris.
Mon frère ainé avait installé sa société à Nice et très souvent je venais le voir, mais tout a basculé lorsque je suis tombée amoureuse d’un homme qui vivait ici.
J’ai été happée par lui, par la lumière, par les odeurs si singulières de thym, des olives du marché ou du mimosa en floraison.
J’aime les couleurs vives et j’aime ce mélange d’architecture.
Dans une même rue, on peut retrouver des bâtiments de style niçois, d’influence haussmannienne, russe et de la Belle Époque, c’est assez surprenant ici !
J’aime aussi l’accent chantant des Niçois et surtout la mer.
Je me rappelle qu’à chaque fois que je repartais à Paris, j’achetais sur le Cours Saleya une boite dont le son du chant des grillons résonnait lorsque je l’ouvrais, ça me réchauffait le cœur en plein hiver parisien… Jusqu’à mon installation ici… Maintenant je les entends pour de vrai !
C’est amusant, c’est presque une tradition, j’en achète toujours une pour mes amis qui quittent Nice.
Mon coup de foudre pour cette ville dure depuis 22 ans…



2) Comment se sont passées vos premières années à Nice ?
Je n’avais pas d’amis à mon arrivée, seuls ceux de mon mari à l’époque.
Ce fut un peu difficile, car j’avais l’habitude de vivre avec ma tribu parisienne et j’aimais échanger, j’ai connu des moments de solitude.
J’ai commencé à travailler, j’ai eu mon fils et puis, doucement, petit à petit, je me suis intégrée avant de nouer des amitiés solides ici.

3)Avez-vous une anecdote durant ces premières années ?
Ancienne parisienne, j’étais hypnotisée par la mer et s’il y avait eu du vent, par ses dégradés de bleus… Alors, chaque jour, je me posais et je la contemplais.
Un après midi ensoleillé, un artiste-peintre est venu me voir, m’a tendue une toile et s’est exclamé avec un accent prononcé du sud : « Je vous vois ici depuis plusieurs mois, au même endroit, face à la mer, je me suis permis de vous peindre, mais j’ai une question, vous m’intriguez, vous n’avez jamais vu la mer ? ».
Ça m’avait beaucoup amusée et deux décennies plus tard, j’ai toujours cette relation charnelle avec elle.

4)Décrivez nous votre activité ?
Je suis psychanalyste, j’aime assez l’idée de creuser, de chercher, et de nous rendre à cette évidence, accepter qui nous sommes.
Je suis hypnothérapeute, j’apprécie cet outil qui traite et répare de nombreux symptômes et je suis aussi Analyste Trans-générationnelle, parce que nous plonger dans l’histoire familiale, nous permet de comprendre notre lignée et de nous tourner sereinement vers le présent et l’avenir.
J’ai aussi un DU de Phénoménologie psychiatrique que j’ai obtenu à la fac de médecine, c’est un secteur qui m’a toujours intriguée et passionnée, j’ai d’ailleurs fait mon stage de fin d’étude dans cette unité. J’exerce en cabinet libéral non loin du Port.
Pour moi, je fais le plus beau métier du monde ! Je vois évoluer mes patients au fil du temps, mais surtout j’ai cette sensation que ce que je fais à un sens, et c’est très important.
Je n’ai jamais l’impression d’aller travailler, c’est très diversifié et d’un patient à l’autre, l’histoire est différente, je ne m’ennuie jamais !

J’écris aussi, depuis l’enfance les livres m’ont toujours accompagnée et à travers mon écriture, dans mes romans psychologiques, j’aime raconter des histoires contemporaines et expliquer à travers les personnages ce que nous mettons en place dans nos relations avec les autres. Dans mon dernier roman, j’ai eu envie de parler de ces hommes et de ces femmes qui au seuil de la quarantaine sont en quête d’épanouissement, font le bilan de leur vie sentimentale et se confrontent à ces brûlantes interrogations : Le partenaire idéal existe-t-il ?
Et si oui, comment le rencontrer ?
Ce livre reflète avec humour les tribulations de Noémie, l’héroïne, car si l’affaire est sérieuse, elle n’en est pas moins amusante.
Le concept est original car à travers les péripéties vécues intensément par l’héroïne, ce roman est construit à partir d’une expertise en développement personnel et en psychanalyse.
J’avais envie d’amener le lecteur à réfléchir sur lui-même et à répondre à ces questions. Je trouve que partir dans le monde moderne à la quête de l’amour n’est pas chose aisée et c’est dans ce courageux combat que se lance mon héroïne de nouveau célibataire après quinze ans de mariage.

Je me suis inspirée des problématiques actuelles portées par mes patients et notamment celles des rencontres posées par l’influence croissante de l’internet, des applications de rencontres et des réseaux sociaux pour écrire mon nouveau roman, une sorte de Bridget Jones version « Psy ».
Version « Psy » parce que Noémie est entourée d’amis, de Louise, psychanalyste et de Jean, coach, et grâce à eux, elle sera initiée à l’art de la rencontre au XXIème siècle tout en décodant les pièges du monde virtuel comme le Ghosting et le Benching... et l’amèneront aussi à comprendre les influences des ressorts psychologiques comme le deuil, la répétition, les projections et les personnalités narcissiques… J’avais envie d’ancrer l’histoire dans l’actualité récente puisque l’épilogue prend place pendant le confinement en février 2021.

5) Comment avez-vous commencé ce travail ?
J’avais fait des études d’économies, j’ai été Chef de plateau dans une société de marketing, puis directrice dans des boutiques, mais je sentais qu’il manquait quelque chose à ma vie, que je n’étais pas à ma place.
Je lisais beaucoup de livres de psychologie, je crois que j’ai toujours su que c’était cela que je voulais faire sans jamais oser, et un jour, je me suis lancée, j’ai repris mes études et cette passion ne m’a jamais quittée.

6) Avez-vous eu un mentor qui vous a formé ?
J’ai eu de la chance, j’ai été très inspirée par des professeurs passionnants pendant mes études, je fais un petit clin d’œil à Fabien qui avait soif de nous transmettre son savoir, à Thierry Escalère qui est d’une grande sagesse, et à des psychanalystes comme Freud, Lacan, Jung et des auteurs contemporains comme Boris Cyrulnik, Anne Ancelin Schutzenberger, et plus récemment Lise Bourbeau et Natacha Calestrémé.
Et puis, j’ai eu le bonheur de rencontrer tous ces anonymes qui m’ont ouvert le cœur et l’esprit.

7) Avez-vous une anecdote sur vos débuts ?
Je crois que mon entourage m’a prise pour une folle, j’avais une vie riche et j’ai amorcé un virage à 180 °C.
Certaines personnes prenaient cela pour une « lubie » et souvent j’ai été victime de moqueries, mais au bout de cinq d’études, elles ont compris que c’était bien cela qui m’animait.
Lorsqu’on débute dans ce domaine, on nous demande fréquemment de répondre à un « dogme », selon les psychanalystes, même s’il existe beaucoup d’écoles de pensées, je devais rejeter l’hypnose, qu’ils ne reconnaissent pas et selon les hypnothérapeutes, je devais rejeter la psychanalyse.
À l’heure de mon installation, j’ai été face à un dilemme, même si la réponse à mes patients n’était pas la même, je croyais dans ces deux sciences, alors que devais-je inscrire sur cette fameuse plaque ?
C’est mon superviseur qui m’a donné la réponse « Fais avec qui tu es ! ».
Et c’est ainsi que j’ai inscrit ces deux compétences sans aucune culpabilité !
Et puis quelques petits conseils que l’on nous donnait en psychiatrie lors de nos premiers entretiens avec nos patients comme, ne jamais rester derrière une porte pour ne pas se retrouver coincer, se chausser de baskets pour pouvoir courir au plus vite si cela s’avérait nécessaire, mettre son bureau près d’une porte, pour pouvoir s’extirper rapidement…
Sur le moment, j’avais trouvé cela un peu inquiétant, mais avec du recul, assez amusant.


8) Aviez-vous un autre travail au début de cette Activité ?
J’ai concilié pendant les deux premières années, mon travail, mes études et mes enfants en bas âge et je peux vous dire que c’était sportif ! Je sais ce que c’est la charge mentale !

9) Comment avez-vous vécu votre travail durant ces 2 dernières années ?
Le premier confinement fut le plus compliqué, l’incertitude et l’inconnu ont plongé certains de mes patients dans une grande détresse et mon rythme habituel et la configuration des séances furent modifiés.
En effet, j’exerçais par visio, ce qui n’est confortable pour personne, ni pour le patient, qui ne trouvait pas toujours de moment pour s’isoler et parler sereinement, il est vrai qu’avec sa compagne ou les enfants autour, c’était un peu « rock n roll » comme séances, et pour moi qui trouvait cette manière de faire, très intrusive.
Je préfère l’intimité de mon cabinet.
Heureusement, au second confinement et les suivants, les pouvoirs publics ont compris que notre activité était essentielle, jusque là ils n’avaient pas pris conscience de l’importance de l’aspect « psy » dans cette pandémie.
Malgré le marasme et la nature anxiogène de cette période, je fus étonnée de réussir à continuer à m’épanouir et ma passion ne s’est pas essoufflée.
Habituellement, nous ne vivons pas les mêmes choses que nos patients, là, je les vivais comme eux et en même temps qu’eux, je me suis rendue compte que j’avais des ressources.

10) Quels sont vos projets à venir ?
Écrire et voyager me nourrissent dans mon travail.
Avec un ami artiste, nous caressons l’idée et l’envie de créer une structure pluridisciplinaire en lien avec l’art.
Je trouve que l’art tutoie souvent la psychologie

11) Quelle est votre vision actuelle de Nice : urbanisme, vie sociale et ambiance ?
Nice, c’est pour moi une ville qui regorge de possibilités pour faire rayonner la France à l’international à tous points de vue.
J’ai vu évoluer cette ville, je me rappelle la Place Garibaldi qui ressemblait à un coupe-gorge et qui est aujourd’hui magnifique, et c’est loin d’être le seul endroit !
Chaque matin, je la traverse, je marche beaucoup, et je suis toujours surprise par sa beauté, je ne m’en lasse pas.
Je trouve que cette ville est un écrin, tout se mélange, elle est cosmopolite, colorée, joyeuse.
Je ne sais pas si vous ressentez la même chose, mais à chaque fois que l’avion amorce sa descente vers Nice, je suis toujours émerveillée, je vois la mer, la montagne et je me dis « ça y est, je rentre à la maison ! ».

12) Avez-vous des hobbys, que faites-vous pour vous détendre ?
Essentiellement d’être auprès de ceux que j’aime, ils sont mon oxygène.
J’ai la chance d’être entourée de personnes bienveillantes, positives et surtout ensemble nous cultivons l’humour, rire est essentiel pour moi.
J’ai un métier parfois difficile et il est nécessaire que je libère toutes les paroles que j’entends.
J’ai besoin de me retrouver dans ma bulle, dans le silence, de me faire choyer.
J’aime beaucoup les massages et les promenades au bord de mer.
J’adore aussi voyager, j’ai été un peu frustrée ces deux dernières années mais dès que je le peux, je pars découvrir d’autres endroits, d’autres cultures…

Au quotidien, c’est la marche qui me permet de me recentrer, j’ai besoin avant de commencer ma journée au cabinet, de contempler, de faire silence à l’intérieur de moi.

13) Vous lisez ? Quel est votre livre du moment ?
La lecture fait partie de ma vie.
J’ai la chance de connaitre des auteurs, j’ai bientôt fini Elle ne m’a jamais quitté de Dominique Farrugia, où il évoque avec beaucoup de sincérité sa vie avec la sclérose en plaques et la question du handicap.

14) Votre musique du moment ?
En fait, je n’ai pas vraiment de musique du moment mais plutôt de l’instant, je peux très naturellement écouter du Bob Dylan, du Sade, puis passer à de la variété française et internationale, pour finir avec de la musique classique, d’ailleurs le concerto de Mozart pour clarinettes me bouleverse toujours.

15) Avez-vous un rêve, lequel ?
J’en ai tellement !

Merci, Christine.









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