PASTEUR

PASTEUR

12 octobre 2021 0 Par Nice City Mag

Dans le « grand virage » du Paillon, sur sa rive droite le quartier de Pasteur et sur sa rive gauche celui de Bon Voyage.
N’oublions pas que la vallée du Paillon était une voie de communication et que dès l’antiquité les romains y tracèrent des routes.
Dès l’origine Pasteur et Bon Voyage sont des lieux de passage.     

Pasteur, collé à son hôpital, avec Saint Pons, la plus ancienne des abbayes de la ville, au pied des collines de Cimiez.
Fondée à la fin du VIIIème siècle, elle était gérée par des moines de l’ordre de Saint-Benoît.
Elle inscrit la plaine du Paillon dans l’histoire, celle de l’époque romaine aussi bien que celle de l’époque chrétienne.
Au-delà de sa fin spirituelle par une bulle du Pape Pie VI en 1792, ou de son rachat par la ville de Nice en 1908.

Pasteur et Bon Voyage, au début du XIXème siècle, c’est encore la campagne. Les orangers, figuiers et autres mûriers alternent avec les vignes, aussi bien celles de Roquebillière que celles de l’Arbre Inférieur.

Les eaux du Paillon font vivre un petit artisanat, à côté des moulins à huile.      C’est à ce moment là que la physionomie de la plaine Pasteur-Bon Voyage va changer.
La diminution des trafics maritimes et le développement du ferroviaire, la recherche permanente de nouveaux espaces, vont amener sur Bon Voyage, des hangars, entrepôts, dépôt à ordures et installations municipales, ainsi que les abattoirs.
Son développement se fera à partir du quai des Abattoirs, aujourd’hui boulevard Jean-Baptiste Verany.

Et sur la rive droite, outre l’asile des vieillards du quai Lyautey et l’asile Sainte-Marie, en 1909, le Conseil Municipal de Nice va décider la construction d’un grand hôpital, sur un domaine de quatre vingt hectares.
Il sera inauguré le 6 juin 1937, par le Président de la République Albert Lebrun.Une multitude de petites entreprises artisanales vont s’installer, fabriques de pâtes, de produits de beauté, laboratoires pharmaceutiques, ébénisterie.
Et même s’il subsiste encore quelques zones agricoles, la ville est là, elle continue de monter.
La population change. Elle devient ouvrière.
Dès lors, l’urbanisation de ces quartiers va progresser.
D’autant qu’en 1922 étaient créées les « Habitations à Bon Marché », qui vont mettre en place de nombreux projets autour de la Voie Romaine et de la route de Turin.

La campagne s’est urbanisée, elle a pris la forme d’une banlieue que la ville à rapidement absorbé, pour en faire un quartier à urbanisation verticale, faite de tours et de buildings.

Sans oublier son vélodrome, et sa piste cyclable de 1.500 mètres, où tous les Giorgietti, Plent, Arnaldi et Molineris vont s’illustrer.   

Eh bien, même si Pasteur n’est plus ce qu’il était, ce village où les industries avaient remplacé les oliviers et les chevaux, où les immeubles ont remplacé ces industries et lieux sportifs, le quartier a gardé les traces de son passé, dans chaque ruelle, chaque impasse.
On est ici « de Pasteur », et pas d’ailleurs.
Comme on est « de Bon Voyage », et pas de l’autre rive. 

A suivre…