MAGNAN, MON ʺBEAU MAGNANʺ

MAGNAN, MON ʺBEAU MAGNANʺ

3 août 2021 0 Par Nice City Mag
On est « de Magnan », pas d’ailleurs, même d’à côté.

Connu pour son infranchissable carrefour, son Palais de l’Agriculture, sa caserne de pompiers et son église Sainte Thérèse, le village de Magnan s’étend jusqu’au Centre Universitaire Méditerranéen, le CUM.
Un autre carrefour, mais de la pensée et de l’esprit, voulu par Jean Médecin soutenu par Paul Valéry son premier directeur, qui a acquis un rayonnement intellectuel international.
     Aujourd’hui encore, le quartier reste un peu comme un village.
Malgré l’élargissement des rues qui se jettent sur lui, comme des torrents dans la mer, avec leurs déferlantes de véhicules comme autant de vagues déchaînées. Pourtant, hier encore…

Au XIVème siècle, Vallonem de Manhauis, le vallon où coulait le Magnan, chargé des eaux de la Bornala et de la Maupourga.
Avec d’impressionnantes crues, presqu’autant que celles du Paillon.
A une époque où l’on faisait le commerce des cocons et l’élevage des vers à soie, dans une magnanaria.
Il y en avait beaucoup dans le valloun et le terme Magnan vient de là.
Tout le quartier était orienté vers la mer.
On l’appelait le Petit Saint-Laurent.
Nous sommes au XVIIIème siècle.

La beauté sauvage de ces plages et la douceur des rivages méditerranéens étaient recherchées par la communauté anglaise qui séjournait à Nice. Là s’édifiaient de magnifiques villas, parmi les orangers et les citronniers, face à la mer.
C’est dans ce Petit Saint-Laurent que Pénélope Rivers, fille de banquier anglais, mariée à un pair d’Angleterre, acheta un terrain et y fit construire la plus belle villa de Nice qui, après la Révolution, fut bradée à un certain Sébastien Grandis.
Et même si la Révolution bouta les Anglais hors de France, l’arrivée de l’Empire et sa magnificence du début du XIXème siècle, redonna des couleurs à nos touristes d’outre-manche.
Toute l’aristocratie européenne et française reprenait ses quartiers.

Ainsi, par exemple, les Niçois prirent l’habitude de croiser Pauline Bonaparte, lors de ses longs séjours dans la villa Grandis.
Le rattachement de Nice à la France, et la toute nouvelle Promenade des Anglais virent le quartier se transformer à nouveau.
De nouvelles villas, de nouveaux hôtels et de nouvelles familles, russes pour la plupart.
C’est là que vit la famille Bashkirtseff et Marie

Et puis le XXème siècle joue le dernier acte.
Et tout bascule. Magnan un quartier des plus suburbains.