LES BAUMETTES

Il est une autre colline, en descendant vers la mer.
En passant non loin du Lycée d’Estienne d’Orves, inauguré en 1961, et qui prendra le nom de ce résistant dont la famille possédait à Nice toute la colline boisée de Saint-Philippe, et donc le terrain sur lequel a été construit le lycée.
Une colline discrète, entre mer et colline.
Un quartier plus tout à fait au centre, mais pas encore à l’ouest.
La colline des Baumettes.

Une ancienne grotte, bauma en niçois, la petite grotte, donc la baumette.
Qui deviendra plus tard, les Baumettes, lorsque le français utilisera le pluriel. N’oublions pas que c’est en 1539 que l’ordonnance de Villers-Cotterêts, imposant l’usage du français dans tous les actes administratifs, en fait la langue nationale officielle en France.
Et que c’est au XVIIème siècle que le vocabulaire se forme, avec la création en 1635 de l’Académie Française et, en 1694 l’apparition du Dictionnaire de l’Académie.
Le français écrit prend alors l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui.

Un quartier traversé par le boulevard Carlone, actuel François Grosso, qui nous amène directement au bord de mer.<


Né à Nice en 1847, François Grosso a été un artisan du développement de Nice, directeur de la Caisse d’Epargne de Nice et, surtout, l’un des membres fondateurs de l’Acadèmia Nissarda en 1904.
Pour perpétuer le nissart, une langue qui se fait rare, mais qui est toujours vivante.
Bref, les Baumettes vont  être effleurés par le vent de l’histoire, lorsqu’en 1538  le Pape  Paul III, œuvrant pour la paix à Nice, reçut François 1er.
La première rencontre eut lieu dans la plaine de la Baumette.
Mais ensuite, les traces que nous conservons sont celles des trois derniers siècles.
Au bord de mer, la villa  Grandis, néo-classique, construite en 1787, achetée par Sébastien Grandis en 1900. Où séjournèrent aussi bien Pauline Borghèse la sœur de Napoléon, que Marie-Louise de Bourbon-Parme. Rachetée par le banquier niçois Auguste Carlone, puis par Cécile Furtado-Heine qui la légua à l’armée.

Sur la colline, en 1878, la Princesse Elisabeth Kotschoubey construisit une superbe demeure.
Achetée en 1883 par de riches américains, les Thompson, elle fit les beaux jours des People de la ville.
Avant d’être cédée à un promoteur, rachetée par la Municipalité qui en fit, en 1928, le Musée des Beaux-Arts.
Sans oublier le Château de la Tour au nord de la colline, et à l’ouest, le château des Ollières, deux magnifiques architectures néo-gothiques.

Enfin, en revenant sur la mer, plusieurs styles se cotoient : l’art-déco avec le « Gloria Mansions » de l’architecte Garabed Hovnanian, le style très classique du « Centre Universitaire Méditerranéen« , ou bien plus tard le très moderne Elysée Palace, réalisé par l’architecte Georges Marguarita et l’artiste niçois Sosno, avec ses superbes venus de bronze.

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