LE MONASTERE DE CIMIEZ

Au IXème siècle, Cimiez vit surgir, de ses ruines, une chapelle dédiée à la Vierge.

Cette chapelle et ses dépendances appartenaient aux Bénédictins de Saint-Pons.
En 1546, cet ensemble fut cédé aux frères mineurs de l’ordre des Franciscains dont le couvent et  l’église de la Sainte-Croix, situé dans le quartier appelé Carme Vieil, avaient été détruits pendant le siège de Nice par les Franco-Turcs en 1543.
A leur arrivée à Cimiez, les frères restaurèrent les bâtiments délabrés et s’agrandirent aux XVIIème et XVIIIème siècles .
Ce qui explique les deux cloîtres dont le plus petit demeure exclu de la clôture pour permettre l’accès de la citerne au public.
Les deux panneaux des murs latéraux sont des scènes de la légende franciscaine.
A gauche, Saint-François soutenant l’Eglise.
A droite, Saint-François écrit la règle de son Ordre sous l’inspiration du Christ.
Au-dessus de la porte principale de l’église, une pierre scellée porte l’inscription : « Sacrosainte église du Latran, 1840, 8 janvier – Mère et Tête de toutes les églises de la Ville et du monde – 1607, 3 octobre – 1834, 18 mars ».

C’est l’authentification de l’affiliation de Cimiez à la basilique du Latran à Rome avec participation aux mêmes indulgences, immunités et privilèges.

L’église a été consacrée en 1677 par Mgr Diego Della Chiesa, évêque de Nice (1665-1669). La nef unique, à croisée d’ogives, a été complétée au XVIème siècle par les trois chapelles du transept gauche et au XIXème siècle par trois autres chapelles en face.

L’église de Cimiez possède trois retables de l’école dite des « Primitifs niçois », une « Piéta » datée de 1475 et une « Crucifixion » datée de 1512, ces deux retables de Louis Bréa, le chef de file de cette famille de peintres, et une « Descente de Croix » attribuée à Antoine Bréa, frère de Louis.

Dans la sacristie et dans un oratoire attenant, se trouvent des peintures ésotériques, complétées de devises qui ont intrigué bien des érudits ; certains ont cru y reconnaitre des symboles d’initiés de la Kabbale.

Les Franciscains du XVIIème siècle, tout en vivant dans la mystique chrétienne, ne dédaignaient pas l’étude de la philosophie hermétique.
Ils étaient, d’ailleurs, hommes d’études ainsi que le prouve le magnifique cadran solaire universel sur la façade sud, œuvre du R.P.IIdefonse (1876).
Aujourd’hui les Franciscains, gardiens du monastère et de l’église ont du mal à assurer le service paroissial qui leur a été confié depuis 1803 et à sacrifier aux exigences de la vie communautaire auxquelles ils ne peuvent renoncer.

Chœur de l’église du [[:fr:monastère de Cimiez|]], [[:fr:Nice|]] (France).

Cette église est indéfectiblement liée à toute l’aura de Cimiez, faite de mystère, de charme, de piété, quelque chose d’indéfinissable qui n’existe que là.
Indépendamment des richesses archéologiques, n’oublions pas que cette colline est chargée de traditions.

Ne dit-on pas, par exemple, que la fameuse salade niçoise, le « mesclun », vient de ce que les bons frères, appartenant à un ordre mendiant, la donnaient en échange des aumônes en nature ou en argent qu’ils recevaient.

Et bien d’autres encore, les processions, les festins des Reproches, des Cougourdons, les Mais que l’on a transformé un peu en fêtes profanes mais qui sont toujours ouvertes par un office religieux au monastère

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