LE CHÂTEAU DE L’ANGLAIS

LE CHÂTEAU DE L’ANGLAIS

11 mai 2022 Non Par Nice City Mag

LA « FOLIE SMITH »

Il s’appelle « Château du Mont-Boron » mais tout le monde le connaît sous le nom de « Château de l’Anglais ».
C’est une bâtisse curieuse qui mêle tous les styles architecturaux depuis l’indo-espagnol en passant par le troubadour moyenâgeux.

À sa construction en 1856, les Niçois le surnommèrent la « Folie Smith » du nom de son constructeur, le colonel Smith, un vrai colonel de l’armée des Indes.
Ce colonel, homme cultivé, spécialiste des civilisations anciennes et amoureux des Indes était un esthète original.
À son arrivée à Nice, il achète un terrain de 22 000 m dominant le port à l’extrême pointe du Cap de Nice.

Les travaux commencèrent en 1858, durèrent quatre années et coûtèrent une fortune.



Le château alimentait les conversations des hivernants.
Il avait ses détracteurs tel Stephen Liégeard, l’inventeur du terme « Côte d’Azur ».
Jugement sévère et excessif.
L’intérieur du château se composait d’une enfilade de salons, de fumoirs, de boudoirs, d’une salle de billard et même d’une salle de spectacle capable de contenir 500 personnes !
Pourtant, le colonel Smith vivait seul, hormis la visite de quelques amis.
Il peignait et lisait. Il mourut en 1873, laissant le château à son fils

Le fils Smith vendit la demeure au comte Melchior Gurowsky de Wezele, un ami du Prince de Galles qui, lui, aimait les fêtes et les bals costumés.

Le véritable instant de folie de château, ce fut durant cette période.


Le comte Melchior avait pensé léguer le château à la ville de Nice. Pour des raisons mystérieuses l’opération ne se fit pas.

Dans les années 1920, le château fut vendu.
Après la seconde guerre, la demeure fut débitée en appartements, un crépi rose qui n’est pas d’époque, appliqué sur les façades.
Enfin le terrain dépecé, on y perça l’actuel boulevard Jean Lorrain.

Le château de l’Anglais suscite toujours la curiosité.
Il évoque un rêve baroque, symbole d’une époque magique.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…