L’ARENAS

A l’extrême ouest de Nice, au bord de mer, l’Arénas et, le long du Var, sur sa rive gauche, Saint Augustin, qui furent, tout à la fois, lieu de passage entre le Royaume et le Comté, lieu de plaisirs mondains, meetings aériens, courses hippiques, cinéma, et lieu  des grandes propriétés agricoles.

     Il n’est plus temps de se souvenir que l’on faisait traverser le Var à dos de moines, mais il ne faudrait pas oublier que l’extension de notre ville se fera là, aussi.

     Limité au sud par la Méditerranée, à l’ouest par le Var, l’Arénas, du nom des sédiments que le Var déposait dans son embouchure,  est aujourd’hui le quartier des affaires, et celui de l’aéroport Nice Côte d’Azur, construit sur une zone gagnée sur la mer.

A la fin du XIXème siècle, l’Arénas était un tout petit village, entouré de très riches terres. Les paysans, les Massa, les Ramella, y cultivaient tous les légumes et entretenaient d’exceptionnels arbres fruitiers.
Il y avait, non loin, un champ de course, où l’on pouvait parier lors des concours, mais surtout admirer les toilettes des riches élégantes.
Et puis, le XXème siècle frappa à la porte.

     Nous sommes en 1910. Nice organise son premier meeting aérien.
Au bord de mer, sur l’Arénas.
Il faut préparer le terrain.
Plusieurs centaines d’ouvriers sont à pied d’œuvre.
Démolir les maisons les plus proches de la mer.
Aplanir la terre.
Construire des hangars, provisoires, qui durent..

Le vendredi 15 avril 1910, le Roi de Suède honore de sa présence l’ouverture du premier meeting d’aviation de Nice.
Tous les officiels sont là, autour du Maire Honoré Sauvan.
Né à Nice en 1860, Lou Nistou, comme on l’appelait, était le maire qui, durant deux mandats de 1896 à 1912 et de 1919 à 1922,  avait achevé la Promenade des Anglais, développé les quartiers de Nice Centre et tracé ceux de Nice Nord.
Il avait ouvert les usines de traitement des eaux, développé les réseaux d’assainissement et l’hygiène dans toute la ville, mis en place les tramways électriques.
Totalement dévoué à sa ville, Honoré Sauvan  présidait au meeting aérien.
Le temps est beau, mais le vent défavorable.
Pendant quinze jours, les habitants du petit village de l’Arénas virent voler ces étranges oiseaux au-dessus de leurs têtes.
C’est le russe Michel Effimoff qui remporta le plus grand nombre de premières places, aussi bien en vitesse qu’en distance, totalisant plus de cent trente kilomètres.

Ce jour là, Auguste Maïcon n’avait que 18 ans.
Mais ce fut pour lui une révélation. Il serait aviateur. Intrépide, il réalisa de nombreux exploits, dont le passage de son avion de 14 mètres d’envergure et de 4 mètres de haut sous l’arche du pont du Var de 20 mètres de large et de 6 mètres de haut.
En 1919, il fonda la « Compagnie Méditerranéenne de Transports Aérien » et devint une légende de l’aviation. On le surnomma le Lindbergh Niçois.

En 1934, la Ville de Nice décide de réaliser un nouveau champ d’aviation, qui sera inauguré par le Président de la République Albert Lebrun en 1937.
Après la guerre, les pistes s’agrandissent, elles  gagnent sur la mer, sur l’embouchure du Var.
Le village de l’Arénas, réduit comme peau de chagrin, se retrouve à l’intérieur des terres.
A la fin des années quatre-vingt, il ne restera plus aucune maison de l’Arénas d’antan.
Mais un nouvel aéroport va voir le jour.
Toujours en progressant sur la mer.
Avec le projet de construire un nouveau port, jouxtant l’aéroport. Les travaux démarrent. Mais, le vendredi 16 octobre 1979, c’est la catastrophe.
Une partie du chantier au sud de l’aéroport s’effondre, provoquant la mort de neuf personnes.
S’il n’y eut aucune incidence sur le développement de l’aéroport, le projet de port fut, quant à lui, abandonné. Plus personne n’en reparla jamais.  
Aujourd’hui, avec ses douze millions de passagers, l’Aéroport Nice Côte d’Azur est le troisième aéroport de France, après Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly.

L’Arénas, aujourd’hui, c’est l’église Notre-Dame-de-Lourdes, construite en 1911 et dédiée à la Vierge Marie qui apparut à Bernadette Soubirous, en 1858 à la grotte de Lourdes.
Elle sera démolie en 2003, pour faire place à des bureaux, dans lesquels elle sera réaménagée en 2004. 
A l’initiative de Jacques Médecin, maire de Nice, c’est aussi le Parc Phoenix, exceptionnel jardin botanique et zoologique sur plus de sept hectares, avec étangs et sphère tropicale, ouvert en 1990. Et son Musée des Arts Asiatiques, inauguré en 1998.

     Ainsi, même si elle est de facture récente, l’histoire de l’Arénas participe à celle de la ville. S’il n’est plus un village, s’il n’a que peu de passé, ce lieu a été porteur d’avenir, dans les années quatre-vingt.
En l’espace d’une vingtaine d’années, il est redevenu comme un village dans la ville.
Avec ses architectures modernes, ses décorations audacieuses.
Voué aux affaires, certes. Mais un village tout de même.
Dont peut-être quelqu’un écrira dans un lointain futur :
« l’Arénas était un petit village, entouré… ».

À suivre…

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