LA POSTE THIERS D’HIER A AUJOURD’HUI

Un édifice pas comme les autres en plein cœur de Nice, une ruche qui abrite, depuis sa création, une activité extraordinaire.

Il a fallu pas moins de 300 000 briques de Sarzana, venue d’Italie pour édifier la Poste Thiers. Inaugurée le 7 décembre 1931, le bâtiment, créé dans le plus pur style Arts Déco, a suscité bien des polémiques et engendré bien des légendes comme, celle qui voulait qu’il soit destiné à l’origine à la ville de Lille, beaucoup plus familière de la brique rouge.
Selon une autre théorie, l’utilisation de la brique et du ciment évoquent les procédés de l’architecte Le Cœur, qui a conçu de nombreuses postes françaises et, dont Guillaume Tronchet, architecte des Bâtiments Publics et Nationaux qui a dessiné la Poste Thiers, était un disciple.
Mais au fond, qu’importe la vérité, car le résultat est bel et bien là : une construction remarquable, véritable œuvre d’art dont les vitraux, création de l’artiste Grüber, sont classés monuments historiques.

Des vitraux situés sur la tour du bâtiment qui ont subi la marque du temps, souvent peu remarqués par le grand public, mais dont la signification est évidente en y regardant de plus près.
Celui situé à l’angle Gounod-Thiers représente l’imprimerie des timbres-poste et des rotatives, matériel d’avant-garde pour l’époque.
Un peu plus haut, au-dessus de l’une des deux entrées monumentales, trois « Mariannes » se détachent en bas-relief avec les inscriptions, « P.T.T », des Mariannes plus que célèbres, car reproduites à des millions d’exemplaires sur les timbres postes.
Sous l’horloge de la tour qui ne fonctionne plus, un autre vitrail évoque les systèmes de transmission, le vitrail tourné vers l’avenue Thiers représentant les casiers de tri postal.
Cette tour haute de 27m abrite l’une des sirènes de la ville.



En pénétrant dans la poste Thiers, implantée sur 4 500m², on découvre la salle principale de 600m², autrefois recouvertes de mosaïques avant d’être refaite dans les années 70. Ses fenêtres, qui donnaient directement sur l’extérieur, mêlaient fer forgé, chrome, vitraux et mosaïque.
Au dernier étage, le premier central téléphonique de France occupait 500m².
Le bâtiment est resté voué à l’administration des P.T.T jusqu’en 1991, date à laquelle sont créés la poste et France Telecom.
La Poste est restée, France Telecom a quitté les lieux.
Dans une immense salle de 1 800m² plus de 400 préposés s’affairaient autour des casiers de tri.
Le courrier arrivait par un tunnel, rebouché dernièrement, qui reliait le bâtiment à la S.N.C.F.
Les sacs étaient transportés sur des vastes chariots au moyen de plusieurs monte-charge.
On ouvrait alors les sacs sur de larges tables munies d’aspirateurs pour retirer la poussière.

Aujourd’hui la Poste est toujours là, mais que de changements …

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…

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