JOSEPH-ROSALINDE RANCHER, POETE NICOIS

Joseph-Rosalinde Rancher est né le 20 juillet 1785 à Nice.
Il est baptisé à la cathédrale Sainte-Réparate.


Son père, originaire de Saint-Jeannet, était venu s’établir à Nice vers 1770 et exerçait la profession de chirurgien.
Joseph-Rosalinde Rancher est le septième des neuf enfants du chirurgien, cinq garçons et quatre filles.
Il fait d’excellentes études au lycée de Marseille où il est admis comme boursier en 1803.



A vingt ans il se tourne vers l’Administration et en 1807 il devient employé à l’hôpital militaire d’Alexandrie et en 1808 dans l’administration des Finances de Toscane.
En 1812 il est nommé contrôleur des Contributions directes dans le département de Montenotte et ensuite à Savone, puis Alassio.
Il préfère revenir à Nice en 1815.
Il trouve un emploi de 1818 à 1821 dans une étude d’avocat : il entre en 1821, grâce à la protection du comte Hilarion Spitaliéri de Cessole, président du Sénat, dans le bureau de ce « Magistrat suprême du consulat de commerce et de mer ».

En 1835 il devint sous-secrétaire près le même Magistrat, fonction qu’il remplira jusqu’à sa mort le 11 juillet 1843.

C’est dans son œuvre que Rancher trouve les moyens de s’évader de sa position bien plus que modeste.
Il commence par de petites pièces et des chansons en français ou nissart.


C’est alors que débute sa réflexion sur la pérennité de cette « langue vulgaire », le nissart, qui est alors parlé couramment autour de lui, par lui-même, et sa famille, ainsi que par toutes les classes de la société et ce, malgré les contraintes imposées dans le pays de Nice par les pouvoirs souverains qui imposèrent tour à tour l’italien pendant plusieurs siècles suivi du français comme langue officielle.

Il entreprend « La Nemaïda » ou « Le triomphe des sacristains » poème satirique de deux mille huit cents vers en dialecte nissart, dont le sujet lui a été inspiré, dit-il, par « une dispute éphémère entre les marguilliers et les sacristains d’une église, une dispute fondée sur un rien, sans circonstance et sans suite … ».
Ses deux autres œuvres ne sont pas moins intéressantes que la première.
« La Mouostra Raubada » (La montre dérobée) comprend trois mille huit cents vers, dans lesquels abondent les expressions colorées, la richesse du vocabulaire et aussi son amour pour Nice.

Quant au « Fablié nissart » postérieur de deux ans à la « Mouostra », il comprend environ trois mille sept cents vers répartis en soixante-seize fables illustrant pour la plupart des proverbes en usage dans le comté de Nice.
Rancher, poète prolifique, en plus de trois œuvres principales dépassant les dix milles vers, en écrivit surement autant sous de multiples formes, à l’occasion d’évènements quotidiens plus ou moins importants.

Nombre de ces œuvres sont encore inconnues du public, conservées dans des archives familiales privées ou à la bibliothèque de Cessole.
L’œuvre de Rancher est une synthèse entre sa culture classique et son inspiration populaire.
Il a démontré à ses contemporains « en distrayant le lecteur, en le faisant sourire », que le dialecte niçois était capable de traduire tous les sentiments, de raconter toutes sortes d’évènements et de décrire tout avec richesse et saveur.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard…

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