ILOT SAINT FRANÇOIS

ILOT SAINT FRANÇOIS

21 décembre 2021 0 Par Nice City Mag

Le premier îlot de rénovation du Vieux-Nice, inauguré le 3 mars 1961
Une spectaculaire réalisation : la réhabilitation du Vieux-Nice

Cette place marque l’une des étapes importantes dans l’opération de rénovation du Vieux-Nice, ce quartier qui fut jadis la ville à lui tout seul.

La ville a pratiquement vécu sur son acropole depuis sa création jusqu’au XVIème siècle. En 1576, une période nouvelle s’ouvre quand l’église Sainte-Réparate est élevée au rang de cathédrale pour remplacer celle de Sainte-Marie-du-Château.

Après 1706 lorsque les fortifications seront détruites, la ville va sortir des remparts, et s’étendre le long du Paillon, rive gauche, et le long de la mer. Au XIXème siècle, une ville nouvelle élégante et aérée se juxtapose à l’ancienne, cours Saleya, rue Saint-François-de-Paul, quai du Midi.
Mais la croissance de la ville neuve qui se développera au-delà du Paillon à partir de la moitié du siècle sous l’impulsion du Consiglio d’Ornato va sonner le déclin des deux villes anciennes.

La population et les activités du Vieux-Nice se modifiant profondément, la bourgeoisie aisée émigre dans les nouveaux quartiers, cédant la place à une population modeste et laborieuse. Il se crée, ici ou là, des îlots insalubres, occupés par un sous-prolétariat de toute origine et le Vieux-Nice, trente hectares de légendes et d’histoire, n’est plus qu’un quartier déclinant, c’est l’engrenage de la décrépitude et de la désertification avec la fermeture progressive d’un grand nombre de boutiques, la « squatterisation » des immeubles rachetés à vil prix par des « marchands de sommeil ».

Dès 1947, la municipalité faisait dresser un inventaire exhaustif des taudis : une entreprise de rénovation fut amorcée dès les années cinquante.
La destruction des taudis a permis de créer les îlots de la Semeuse (1950), de Rey-Serruriers (1956) et de Saint-François (1961-1964).

Des équipements collectifs étaient créés, salles de sports, piscine, théâtre, salles d’expositions.
Mais pour autant la partie n’était pas gagnée.
Nombre d’habitants originaires du Vieux-Nice ne pouvant surmonter leur « exil » à la cité d’urgence de Bon-Voyage ne revinrent jamais, ce qui eut pour effet de vider le quartier de sa substance humaine, donc de son âme.

Dès 1969, la vieille ville a été classée « secteur sauvegardé » avec la création d’une commission chargée d’instruire rapidement les demandes de permis de construire.
Puis en 1977 une politique volontariste a été lancée consistant à faire appel à l’initiative privée.



A l’aide de subventions, quatre-vingt-quinze immeubles ont été rénovés, cent façades ont été ravalées, mais de plus une autre initiative spectaculaire a permis d’allouer des locaux à une cinquantaine d’artistes. Autant d’actions complétées par des travaux de décoration (polychromie des façades, pavage des rues, éclairages recherchés).

L’environnement n’est pas oublié, témoin l’aménagement de la place Rosetti, du cours Saleya, la réfection des principaux monuments religieux, la création de multiples parkings, autant de réalisation qui se passent de commentaires…

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…