FURTADO-HEINE CECILE

FURTADO-HEINE CECILE

11 janvier 2022 0 Par Nice City Mag

Rue de France, cette belle demeure construite vers 1787 est l’un des rares monuments non religieux de style néo-classique de Nice.

Inscrite aux Monuments historiques, c’est aussi la plus ancienne villa encore debout de cette prestigieuse artère niçoise.
La promenade des Anglais, laquelle, on le sait, n’a commencé son existence officielle qu’à partir de 1822.
Avant cela, les quelques maisons qui étaient construites dans ce secteur depuis les Baumettes, comme c’est le cas, jusqu’au faubourg Croix-de-Marbre, très éloignées de la ville donnaient sur la « route de France ».

La propriété a été bâtie pour Lady Penelope Rivers née Atkins, femme divorcée du baronnet Georges Pitt, pair d’Angleterre.
Elle fut vendue pour une somme ridicule à un intendant militaire Sébastien Grandis en 1800, puis successivement revendue.



C’est en 1882 que Mme Cécile Furtado-Heine, femme philanthrope française (1821-1896) s’en rendit acquéreur.

Elle était la fille d’un riche banquier, Furtado, et elle épousa
Charles Heine, cousin de l’écrivain allemand Henri Heine (1797-1856).
Mme Furtado-Heine fit don de sa propriété à l’administration militaire en novembre 1895 pour en faire une maison de convalescence destinée aux officiers.

Depuis, la Fondation accueille les officiers d’active, en retraite ou de réserve, les élèves-officiers des armées de terre, de l’air et de mer ainsi que les veuves d’officiers de carrière qui souhaitent prendre un repos dans notre région.

Cette belle demeure touche aussi à l’histoire de Nice par les personnes illustres qui y logèrent.

La reine d’Etrurie, une fille du roi d’Espagne Charles IV séjourna 27 mois dans la villa Grandis.

Elle eut une entrevue avec le pape Pie VII en 1809 lorsque celui-ci, après avoir été arrêté à Rome et conduit à Grenoble, fut ramené à Savone en passant par Nice.

Pauline Bonaparte (1780-1825), sœur de Napoléon et épouse du prince Borghèse (1775-1832) qui déjà avait résidé à Nice en 1807, entourée d’une véritable cour, et avait défrayé la chronique par ses frasques, s’y installa en 1813.

Elle y resta un an dans des conditions beaucoup plus tristes que la première fois.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…