FREDERIC MISTRAL

FREDERIC MISTRAL

20 avril 2022 Non Par Nice City Mag

ECRIVAIN ET POETE PROVENCAL, FONDATEUR DU FELIBRIGE.

Né en 1830 à Maillane (B.D.R) d’une famille de cultivateurs aisés, Frédéric Mistral fut d’abord un enfant sauvage, coureur de buissons.
Ensuite, il fit ses études au collège d’Avignon où il se lia d’amitié avec un jeune répétiteur, Joseph Roumanille, qui avait comme lui la passion des traditions et de la langue provençale.
C’est certainement à cette époque que sa vie fut tracée et s’il fit des études de droit à Aix-en-Provence, sanctionnées par une licence, c’était surtout pour faire plaisir à ses parents ; mais c’est désormais à la Provence et à sa langue qu’il se consacra.

Il fait dès 1851 une collaboration remarquée à  » Li Prouvençalo « , recueil collectif de vers et entreprend d’écrire le poème de  » Mireio  » qu’il ne publiera qu’en 1859.
En 1854, il est l’un des sept poètes provençaux réunis à Fontségugne qui décident de créer le Félibrige (Li set felibre de la lei).
Les six autres sont Aubanel, Brunet, Giera, Mathieu, Roumanille et Tavan.
Leur dessein est de constituer un mouvement pour l’épuration de la langue provençale et des autres dialectes occitans favorisant ainsi la renaissance d’une littérature qui conserve le caractère original des civilisations méridionales.



En 1855, il participe activement à la création de «  l’Armana prouvençau  » qui deviendra l’organe annuel du Félibrige.
Mistral écrit en 1867 une épopée héroïque « Calendau  » dans laquelle il célèbre la mer et la montagne pour faire pendant à  » Mireio  » où il célébrait la terre et la mer.
Puis il entre dans sa période  » catalane  » et ce sera le chant de la « Coupo Santo« , hymne qui appelle à l’union par-delà les frontières.

Après 1870, Mistral renouvelle sa tentative d’élargissement de l’union félibréenne ; cette pensée lui inspire son  » Hymne à la race latine  » et en 1876 le Félibrige prend un nouveau départ en se donnant de nouveaux statuts plus souples : le territoire de la langue d’oc est divisé en quatre  » maintenances  » (plus tard portées à sept) au sein desquelles se regroupent toutes les écoles locales dirigées par un  » Cabiscol « .
Cinquante « majoraux  » (maîtres) gouvernent ces maintenances et élisent un » capoulié « véritable grand maître du Félibrige ,
le premier « capoulié » fut Mistral.

De cette période date aussi le meilleur recueil poétique de Mistral  » Lis Isclo d’or  » (1875) ainsi que le fameux  » Tresor dou Felibrige  » (1878) volumineux dictionnaire provençal-français qui lui avait demandé près de vingt ans de travail et qui sera édité par fascicules jusqu’en 1885.
Il donnera par la suite une nouvelle en vers  » Nerto  » (1884) et un drame  » La Réino Jano  » (1890), pièces toutes deux inspirées du Moyen Age qui constituent sa période « italienne ».
Il faut citer encore  » Lou Pouèmo dou Rose  » (1897) évocation de la batellerie du Rhône et vers la fin de sa vie  » Memori et raconte « » (1906) et  » Lis Oulivadou  » (1912) publié deux ans avant sa mort.

En parfaite cohérence avec son effort de maintenance, Mistral fonda en 1899 le  » Museon Arlaten  » dans un hôtel de Laval-Castellane d’Arles.

Et puis vint le temps de la gloire ; déjà en 1891 il avait reçu un prix de l’Académie des inscriptions et belles lettres, en 1904 il reçut le prix Nobel pour lequel il avait été proposé par les provençalistes d’Allemagne qui œuvrèrent dans ce sens à partir de 1900.

Pour ce qui est de Nice, Mistral y est venu plusieurs fois et notamment le 5 Mars 1882 pour assister en qualité de  » capoulié  » à l’assemblée de la Maintenance de Provence et à l’inauguration de  » L’Escola de Bellanda « » créée par Antoine Léandre Sardou,  » cabiscol  » et Jean-Baptiste Calvino, secrétaire (1) ; lors de cette réunion, Mistral était accompagné de Roumanille et de Marius Bourrely, syndic de Provence.

Dans  » Prose d’Almanach « , Mistral a écrit des pages lyriques sur notre pays qu’il aimait beaucoup et qu’il appelait  » Cap de Prouvenço « , (tête de Provence), dont le ton est donné par quelques lignes suivantes :

 » Dès que vous avez passé le Var en descendant vers le Midi, vous traversez un pays de Dieu, rien que des prairies fleuries bordées de grands platanes, où s’enlacent à profusion des vignes géantes.
Vous avancez et au fur et à mesure d’odorantes haleines vous embaument.
Vous entrez dans un jardin de fées, dans un territoire merveilleux … « 

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…