LES YEUX BRÛLANTS DE COULEURS

LES YEUX BRÛLANTS DE COULEURS

2 août 2022 Non Par Nice City Mag

André Marzuk, Rétrospective, opus 2

Jusqu’au 18 décembre au Centre international d’art contemporain, Château de Carros

Cette rétrospective exceptionnelle dévoile le foisonnement créatif de l’œuvre de l’artiste plasticien André Marzuk sur cinquante années de travail.
On y découvre plus de 80 pièces, peintures, dessins, céramiques et installations des plus iconiques aux plus récentes, ainsi que plusieurs créations spécialement réalisées pour cette exposition.

Hiroshima/La Mort -1969

Réalisé à 21 ans, un cri radical contre les guerres, une œuvre d’avant-garde recréée pour cette rétrospective
L’installation Hiroshima / La Mort incarne le positionnement de l’artiste au monde : rien ne peut le laisser indifférent. Recréée à l’occasion de l’exposition, cette installation cite une impressionnante action que l’artiste réalise en 1969 dans sa chambre-atelier de la rue Liancourt à Paris : recouvrant entièrement les murs de la pièce, une peinture épaisse de couleur parme envahit les moindres recoins des meubles et des objets pour former une gangue uniforme.

RAS LE BOL! – 1969

Après Hiroshima / La Mort en 1969, son ultime œuvre picturale de grand format, geste final de sa période de jeunesse. Un tableau emblématique des années de guerre froide – Marzuk avait 21 ans – redevenu malheureusement d’actualité en 2022 avec la guerre en Ukraine !

Vers l’humanité – 2021

Une œuvre éthique et philosophique spécialement créée pour cette rétrospective.
L’univers est en mouvement. Personne ne peut rester immobile et échapper aux lois qui structurent l’univers. Nous devons nous élever et – de même que le soleil convertit son hydrogène en hélium – nous devons convertir notre animalité prédatrice en humanité altruiste.

Concerto pour deux cŒurs -2006-2009

Fragments de lettres d’amour
De 1976 à 1979 Brigitte et moi vivions à cent kilomètres l’un de l’autre. Nous nous écrivions tous les jours. De ces centaines de pages d’amour j’ai extrait quelques fragments. Cette infime partie a permis d’ensemencer poétiquement cette suite picturale, dont une particularité est d’être accompagnée de détails de mes peintures, dessins et photographies.

Scénographies murales – 2009-2022

La scénographie offre les murs d’exposition comme autant de pages d’un grand livre ouvert sur lesquelles textes, ornementation, tableaux et groupes de tableaux sont composés pour proposer une lecture inédite de ces œuvres. (…) Car la déconstruction, la recomposition, l’usage du fragment sont employés ici comme autant de concepts disant à la fois la contemporanéité d’un art et le caractère intemporel de son propos. (…) Dans sa pratique artistique contraire aux modes de notre temps comme dans sa manière d’affirmer une démarche d’écologie de la pensée, André Marzuk ne peut laisser indifférent.

Frédérik Brandi, directeur du Centre international d’art contemporain, Carros

Ciels et mers -1967-2017

Toute sa vie Marzuk a peint des ciels. Pour refléter une intériorité, il lui a toujours été nécessaire que ces paysages soient recomposés de mémoire en s’interdisant de se référer à de vrais paysages, ou à des photographies. Derrière une apparente simplicité se cache une maîtrise technique certaine au service de la profonde authenticité de sa recherche.
Brigitte Delage

Portraits – 1999-2021

Marzuk recompose notre réel et propose une balade éclectique où le processus créatif est passionnant : dans sa série des Offrandes picturales (1999-2003), la matière à première vue lisse se révèle bien plus complexe, composée de minutieuses couches patiemment déposées afin de donner corps aux visages de personnalités mythiques. Chacun reconnaîtra les sujets évoqués, hommages intellectuels à certains grands du XXe siècle.

Camille Frasca, directrice des Musées de La Citadelle, Villefranche-sur-Mer / in Catalogue d’exposition