EUGENE EMANUEL, POÈTE ET LINGUISTE NIÇOIS

EUGENE EMANUEL, POÈTE ET LINGUISTE NIÇOIS

23 mars 2022 Non Par Nice City Mag

Eugène, Joseph, Innocent Emanuel, écrivain et poète dialectal niçois, est né à Nice le 28 décembre 1817 d’une famille originaire d’un village de la viguerie de Barcelonnette qui fut longtemps rattaché au comté de Nice.

Son grand-père Joseph, né à Carpentras, s’était établi commerçant à Nice.
Devenu membre du Conseil de ville, il fut l’un des rares parmi ses collègues qui restèrent sur place en septembre 1792 lors de l’entrée des Français à Nice, les autres s’étant enfuis ; en conséquence, il fit partie de la délégation qui alla accueillir le général d’Anselme au gué du Var.
il devint président de la Municipalité en 1798 mais mourut l’année suivante du typhus.

Eugène fit ses études au collège national sarde de Nice dirigé par les Jésuites.
Il devint greffier de paix et exerça successivement à Villars-sur-Var, Saint-Etienne-de-Tinée et Contes.
Revenu à Nice comme notaire royal à partir de 1853, il opta pour les Etats sardes en 1860 afin de conserver cette charge qu’il exerça à Oneglia, Modène et il termina sa carrière comme greffier de Cour d’appel à Gênes.
A sa retraite en 1875, il revint à Nice et jusqu’à sa mort en 1880 il se consacra à la langue nissarde.
Il publia en 1876 une déclaration en faveur de la réforme orthographique de l’idiome niçois qui fit autorité en la matière.
Il adhéra en 1880 au premier groupement félibréen niçois « L’Escola de Bellanda », fondé par Antoine Léandre Sardou et Jean-Baptiste Calvino.
Il était aussi homme de théâtre et avait créé en 1884 avec quelques amis « Lou teatre de Barba Martin ».



Son œuvre, une quinzaine de poèmes épars, fut publiée en 1884 par son fils Victor sous le titre « Cansoun niçardi ».
Parmi ces textes, on trouve les célèbres « Fantôme Pellegrin » et « La mièu Bella Niça ».
Cette dernière dont le sous-titre est « cansoundou sourda niçart en Lombardia en 1848 » fut longtemps considérée comme l’hymne populaire local ; la mélodie a été empruntée à un opéra-comique de Daniel Auber « Le cheval de bronze », passage « Quand on est fille, hélas ».
Eugène Emanuel avait semé une bonne graine niçoise car son fils Victor (1862-1913) continuant la tradition, fut un journaliste de talent collaborant pendant de longues années à « L’Eclaireur », au « Petit Niçois », à « Nice Historique » dont il fut le rédacteur en chef de 1906 à 1909 et dans plusieurs autres périodiques.
Le recueil de ses chroniques niçoises fut justement apprécié.

Son le pseudonyme de « Séguran », il publia en 1888 « Les rues de Nice », guide très intéressant.

Son fils Xavier (1890-1974) a, lui aussi, bien servi Nice tant sur le plan professionnel au cabinet du préfet et ensuite comme chef de cabinet des maires Jean et Jacques Médecin, que comme membre de l’Acadèmia Nissarda car il fut, lui aussi, rédacteur en chef de Nice Historique de 1919 à 1931, dans lequel il publia de nombreuses études littéraires et historiques.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…