CATHÉDRALE SAINTE-REPARATE

CATHÉDRALE SAINTE-REPARATE

8 décembre 2021 0 Par Nice City Mag

En 1590, l’église Saint-Réparate, ancien prieuré de l’abbaye bénédictine de Saint-Pons, accéda au rang de cathédrale, succédant ainsi à Sainte-Marie-du-Château.

Cependant, devant la modestie de l’édifice, l’évêque Didier Palletis envisageait dès 1649 la construction d’une nouvelle cathédrale plus en rapport avec une ville de 12 000 âmes.
Sa réalisation, confiée à Jean-André Guibert, fut cependant longue et difficile, d’autant plus que selon le désir de l’évêque, le chantier devait être progressif, permettant dans la mesure du possible le maintien du service du culte.

Ce n’est qu’en 1699 que Monseigneur Provana put consacrer la nouvelle cathédrale de Nice.

Des remaniements furent apportés au XIXème siècle, avec l’ouverture d’une nouvelle porte et la réalisation des fonds baptismaux en 1850.
Enfin, en 1902-1903, ont été ajoutées les deux absides de part et d’autre du chœur.  

Un dôme orné de tuiles vernissées en écailles du XVIIème, surmontant la croisée du transept, est lui-même chapeauté d’un lanternon reproduisant en réduction la même figure architecturale.
Le campanile, contrastant par sa sobriété, fut terminé par l’évêque Cantono en 1757.

La façade, tardive, reprend le modèle baroque en ses éléments essentiels ; quant au portail, il est agrémenté d’un fronton à volutes, surmonté d’une niche abritant la statue de Sainte-Répérate portant la palme du martyre.
Sainte-Réparate est une jeune chrétienne martyrisée au IIIème siècle en Palestine.

Son culte a été introduit à Nice antérieurement à 1075, année de la donation, par les seigneurs de Nice, de l’église portant son nom, au bénéfice de l’abbaye de Saint-Pons.

Elle est traditionnellement fêtée le dimanche le plus proche du 10 Octobre.



Les quatre statues occupant les niches entre les pilastres figurent des saints de l’église de Nice sont:

Saint Pons, fils d’un patricien de Rome, converti. Il subit le martyre par décollation au IIIème siècle, près de Cemenelum (Cimiez) sur un promontoire proche de l’abbaye fondée à l’époque carolingienne. 
Saint Bassus, peut-être martyrisé au IIIème siècle, sous les persécutions de Dioclétien. La tradition en fait le premier évêque de Nice. Il a néanmoins pu être confondu avec
Saint Bassus évêque de Nice vers 777.
Saint Valère est cité comme évêque de Nice vers le milieu du Vème siècle. Probablement issu de l’abbaye de Lérins. Il a peut-être été confondu avec son contemporain Saint Valérien, évêque de Cimiez, célèbre pour ses homélies.
Saint Siagrius (Saint Siagre) évêque de Nice, sans doute au IXème siècle.

La frise de la nef, reprise au niveau du chœur, porte, dans une succession de cartouches de stuc, les initiales, en majuscule dorée, des princes de la Maison de Savoie, depuis Amédée III, premier comte de Savoie (1103-1148) jusqu’à Victor Amédée II, premier roi de Sardaigne de 1720 à 1730.

Sur l’arc de la dernière travée on remarquera les armoiries de Monseigneur Provana, de l’ordre des Carmes, qui acheva la construction de la cathédrale en 1699.

En remontant la nef du côté gauche de l’entrée les chapelles correspondant aux quatre travées sont :

Bas-côté sud
Chapelle des fonts baptismaux. Dédiée à Saint Jean Baptiste, elle accueillit les fonts baptismaux en 1855.
Chapelle des maçons et tailleurs de pierres. Cette chapelle fut achetée par la corporation en 1681. Beau retable de l’autel représentant le martyre des quatre saints couronnés, patrons des ouvriers du bâtiment, œuvre de 1681.
Chapelle de Sainte-Réparate.
Chapelle Saint-Joseph.
Chapelle du transept
. C’est la chapelle municipale du Vœu. Lors de l’épidémie de peste de 1631, les consuls sollicitèrent l’intercession de la Vierge, de Sainte Rosalie et de Saint Roch pour délivrer la ville du fléau, ainsi que le rappelle l’inscription du mur gauche de la chapelle.
Chapelle de l’abside gauche.

Bas-côté nord
Chapelle du transept. Elle a été dédiée en 1699 au Saint Sacrement.
Chapelle Saint-Barthélémy.
Chapelle Sainte-Rose-de-Lima
.
Chapelle de la Crucifixion.

Le grand orgue, de style romantique français, est l’œuvre de Florentin Martella, facteur de Nice. Il a été inauguré par Louis Vierne en 1901.
Modifié en 1974 par la maison Boisseau, il fut doté de soixante dx jeux.

Ce grand vaisseau a traversé les siècles malgré les vicissitudes des temps et de nombreux événements y sont rattachés qu’il est difficile de rappeler en totalité…
Ainsi, à titre d’exemple, en 1705 pendant le siège des Français, une bombe tomba dans la cathédrale pendant un office tuant de nombreux fidèles.
Pendant la Révolution, elle fut fermée au culte le 13 juillet 1794 pour devenir le temple de la Raison et elle retrouvera son rang de cathédrale dès l’arrivée à Nice de Mgr Jean-Baptiste Colonna d’Istria (1802-1833).
En 1949 une grande fête marqua le 250e anniversaire de la consécration de la cathédrale et à cette occasion Mgr Paul Rémond alors évêque de Nice, obtint du pape Pie XII pour la cathédrale le titre de « Basilique mineure » sous le double vocable de Sainte Marie-Sainte Réparate reliant en quelque sorte le présent au passé.

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…