CASERNE SAINT-JEAN-D’ANGELY

CASERNE SAINT-JEAN-D’ANGELY

20 avril 2022 Non Par Nice City Mag

QUARTIER DES PRESTIGIEUX  » DIABLES BLEUS « 
Tout part de l’épopée des Chasseurs français, alpins ou à pied, que les Allemands eux-mêmes ont appelés les  » Diables Bleus  » pendant la Première Guerre mondiale, en raison de la couleur de leur uniforme et de leur ardeur au combat, en particulier dans les opérations des Vosges de 1915-1916.

Les Chasseurs ont eu quelques précurseurs dans l’armée de l’ancien Régime, en particulier au XVIIIᵉ siècle, mais c’est au fils aîné du roi des Français, Louis Philippe Ier (1773-1850), le duc d’Orléans (1810-1842) que revient l’honneur de la création d’une troupe d’élite destinée à servir un armement perfectionné.

Ce bataillon, constituant un corps autonome, est envoyé, dès le début de 1840, en Algérie où déjà terrifiés par leur audace et la précision de leur tir, les Arabes leur donne le nom de  » Chasseurs de la mort « .

Le 4 Mai 1841 sur ces dix bataillons créés par le duc d’Orléans, deux bataillons de  » Chasseurs à pied  » traversent Paris au  » Pas chasseur  » à l’occasion de la remise par Louis-Philippe au 2e bataillon du premier drapeau des Chasseurs.
Les bataillons prennent définitivement le nom de  » Chasseurs à pied  » le 7 Mai 1848 ; le 23 novembre 1853, Napoléon III porte de 11 à 20 le nombre de bataillons.
Au cours de la guerre de 1870, trente bataillons de Chasseurs sont formés et en 1888, douze de ces bataillons sont devenus  » bataillons alpins de Chasseurs à pied « , par la loi du 24 décembre 1888.

Au cours de la Grande Guerre, 100 000 Chasseurs ont payé la victoire de leur vie.



En 1939-1945, les unités de chasseurs s’intègrent dans les divisions d’infanterie.
Ils s’illustrèrent au Vercors en 1944.
Les Chasseurs ont été autorisés à conserver leur traditionnel uniforme bleu à passepoil jonquille orné des écussons à cor de chasse.
Chasseurs à pied et Chasseurs alpins n’ont qu’un unique drapeau dont la garde est confiée alternativement à chaque bataillon.
C’est à Nice au « quartier  » Saint-Jean-d’Angély, chargé du souvenir, les troupes alpines qui ont séjourné.
Cette caserne communément appelée  » de Riquier « , s’étend sur 51 848 m² et fut construite de 1886 à 1888 sur un terrain cédé aux domaines par le marquis Charles Spitaliéri de Châteauneuf.

Le 6ème bataillon de Chasseurs s’est installé au quartier Saint-Jean d’Angély en mai 1889.Bataillon d’action et de tradition, tel pourrait se définir le 6ème B.C.A par son appartenance à la 27ème division Alpine et à la Force d’Action Rapide (F.A.R).

Mais l’on ne peut traiter du quartier Saint-Jean-d’Angély sans évoquer un bataillon qui est pour les Niçois le préféré, celui qui pendant plus d’un demi-siècle s’intégra dans l’histoire contemporaine de Nice, c’est le 22ᵉ bataillon de Chasseurs alpins qui, de 1920, date de son installation au quartier Saint-Jean-d’Angély, à sa dissolution en 1976 anima les grands moments de la cité et aussi bien sûr, la montagne niçoise. 

En 1940 le 22e B.C.A est retiré de son secteur de l’Authion où ne restent que ses éclaireurs-skieurs et part pour le front de l’Est.
De l’Aisne à la Marne, il résiste au déferlement allemand et ne cesse le combat que faute de munitions.
Le 1er Aout 1940, lors de sa dissolution, ils sont peu nombreux les chasseurs présents !
En 1944, issu des maquis du Sud-Est, le bataillon Corniche 22 est créé et opère dans le secteur de Roquebrune-Cap-Martin puis en haute Vésubie.
Dissous en avril 1945, il est reformé en 1951 où il retrouve le quartier de Saint-Jean-d’Angély.

À SUIVRE

Sources notoires pour l’écriture de cet article : Centre du Patrimoine – Sus lu barri, Roger Isnard – Nice Quartier, Editions Mercure…