BERNARD POURRIÈRE, COLLAGES SONORES

BERNARD POURRIÈRE, COLLAGES SONORES

24 mars 2022 Non Par Nice City Mag

Du 31 mars au 30 avril 2022 à la galerie DEPARDIEU, Nice
Vernissage jeudi 31 mars, de 16H – 21H en présence de l’artiste

Mes partitions graphiques se concrétisent à la suite de rencontres, d’écoutes et de notations avec des musiciens.
Je garde à l’esprit quelques notions abordées lors de ces échanges pour réaliser les graphismes : les modifications temporelles / retarder, allonger, raccourcir, ralentir, accélérer
les modifications quantitatives / répéter, additionner, superposer, multiplier, soustraire, diviser, épurer
les modifications spatiales / alterner, éloigner, assourdir, écho, réverbérer.
Les partitions peuvent être jouées, quelques protocoles simples les accompagnent, mais l’imaginaire musicale du musicien est essentiel pour découvrir ces graphismes qui deviennent un langage codé. Elles suggèrent « d’échapper à la directivité de la lecture pour atteindre un déchiffrage à dimensions multiples » J-Y Bosseur. Elles peuvent se lire de haut en bas ou inversement, de droite à gauche ou inversement, en diagonale ….. Le temps proposé reste élastique suivant la convenance de l’interprète. C’est un autre rapport au temps qui tente de s’instituer, une experience à chaque fois unique
.
Les principes de notations et de partitions (graphiques, écrites, orales, gestuelles, filmées….), aussi bien musicales que chorégraphiques font parties intégrantes de ma démarche.
La partition est aussi une contrainte mais qui laisse la place dans mes performances à l’improvisation.
La partition graphique est une notation spécifique, comme un nouveau langage qu’il faut décoder. La lecture n’est plus linéaire, de nouvelles règles sont établies, un autre espace temps est proposé, ainsi qu’un autre déroulement temporel.


Colette Colomb et Bernard Pourrière en duo

Bernard Pourrière et Colette Colomb qui est musicienne développent une collaboration depuis une quinzaine d’années.
Ce sont d’incessants aller-retours entre le sonore et le graphique auxquels ils se sont dès lors livrés conjointement. Ainsi ont-ils multiplié des échanges sur des notions susceptibles de se révéler communes aux arts visuels et sonores, telles que point, ligne, texture, à-plat, profondeur, superposition.
La dimension temporelle donne en effet lieu à un vocabulaire dont ils partagent les termes, à travers des actions comme retarder, allonger, raccourcir, ralentir, accélérer, ainsi que des procédures de nature quantitative consistant à modifier, répéter, additionner, superposer, soustraire, multiplier, diviser, épurer.
Des modifications spatiales peuvent intervenir en parallèle, conduisant à traiter les phénomènes sonores en les soumettant à des effets d’écho et de réverbération…
Au départ, toutefois, il y a le contexte graphique, prétexte à produire du son.
Il s’agit là d’une structure englobante, première étape de leur démarche, déclenchée par B. Pourrière, avant que soient trouvés des points d’ancrage entre le visuel et le sonore. Il convient de souligner que les interventions graphiques n’ont rien à voir, stricto sensu, avec les principes de la peinture abstraite. Elles sont toujours liées au son et font généralement suite aux discussions avec C. Colomb.
La deuxième étape vise à se fixer un protocole de jeu (déterminer un sens de lecture, une durée globale, un espace à investir). Ils travaillent tout d’abord chacun de leur côté, tout en tenant compte, au fur et à mesure, des intentions de l’autre, ce qui engendre des réajustements successifs.
Parmi les décisions à prendre ensemble figure le choix des instruments, avec l’ajout éventuel d’objets, la voix demeurant un élément central. Le corps est aussi une source privilégiée de production sonore, celle-ci étant éventuellement reliée à des capteurs Wii qui la transforme.
En ce qui concerne les objets, volontiers manipulés ou détournés, cela peut être des câbles, des haut-parleurs, des tuyaux, des pupitres…


BERNARD POURRIÈRE – BIOGRAPHIE

Vit et travaille à Gardanne, en France. Il est diplômé de l’école d’Art d’Aix en Provence.
Depuis le début de son travail il s’interroge sur l’évolution et la transformation du vivant par rapport aux nouvelles technologies. Il engage une démarche transdisciplinaire, ses installations deviennent sonores, danseurs et musiciens investissent l’espace scénique de ses performances. L’idée d’un corps sonore dans ses mouvements et ses déplacements est au coeur de sa démarche.
Il s’intéresse aux notions d’espace-temps, mouvements et gestes du corps dans l’espace en corrélation avec les multi- médias. Il développe un travail sonore expérimental dans des performances, mais aussi dans des installations sonores souvent interactives. Son intérêt se porte également sur l’idée de notation et de partition (écrites, orales, gestuelles, filmées).
A maintes reprises il a collaboré avec des musiciens, danseurs et chorégraphes, et réalisé un grand nombre de bandes sonores pour des vidéos d’artistes. Son travail se développe aussi bien sur scène qu’au travers de vidéos ou d’instal- lations, exposées dans les musées, centres d’arts et galeries.
Plusieurs résidences en France et à l’étranger : Chine, Canada, Vietnam, USA, Espagne , Italie, Maroc, Grèce….. lui donne la possibilité de faire un travail sonore « in situ » autour de thèmes récurrents dans sa démarche. A chaque fois il fait intervenir dans ses créations d’autres domaines artistiques, des musiciens (musiciens de l’opéra de Changdu en chine ou chorégraphes Yum Keiko Takamatsu…).

Ses dernières expositions :
2021 « Echo du son » Galerie d’art R3 Trois Rivières, Québec, Canada « Proches.
Je est aileurs, le centre est ici » la nuit des idées , Québec, Canada
« Résonance » Artothèque Intercommunale-territoire Ouest Provence Détour numérique, CCADP, centres d’arts Sud Drôme
« A quatre mains », Moments artistiques avec P.Richard, chez Christian Aubert, Paris
2020 « so Far so Close » MOMus-Experimental Arts Center, Thessaloniki, Grèce
L’Art dans les Chapeles, Pays de Pontivy
« Sauvages ? », Maison Rouge, Musée des valées céve- noles, Saint-Jean-du-Gard
2019 Festival Traverse vidéo, Toulouse
« comment bien observer un silence », CIAC, centre d’art contemporain, Château de Carros
« Soundflash » avec Philippe Richard Galerie Depardieu, Nice
« Work in progress » performance, invité par Karine Saporta au Dansoir, Ouistreham
2018 2 Angles, Flers./ Le Cube, Maison de la Tour, Valaurie


Galerie Depardieu
6 rue du docteur Guidoni 06000 Nice
Tél. 09 66 89 02 74
galerie-depardieu.com
galerie.depardieu@orange.fr